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Le Monde
En Côte d’Ivoire, des psychologues d’un nouveau genre au chevet des femmes victimes de violences
Article mis en ligne le 13 mars 2022

Dans un pays où les lieux d’écoute sont rares, l’équipe de PsyTrotter propose des consultations gratuites et peu conventionnelles, en ligne ou dans un écrin de verdure.

(...) Le thérapeute ivoirien propose depuis trois ans des consultations peu conventionnelles. Non pas dans le simple cadre du cabinet, mais dans un environnement jugé plus rassurant : parfois en ligne ou dans un parc, loin des regards et du jugement. « Au début j’avais honte, mais la nature me permet de me libérer. Personne ne m’empêche de m’exprimer, ça me soulage », confie timidement Maïmouna. (...)

Nommée PsyTrotter, cette initiative inspirée de techniques de psychologie canadiennes permet aussi au thérapeute de gagner du temps. « C’est moins intimidant que dans un cabinet. La personne est à l’aise et nous donne plus d’informations dès les premiers rendez-vous, ce qui accélère le diagnostic », observe Nour Bakayoko.

Engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes, le psychologue et ses deux collègues ont une patientèle majoritairement féminine. Les trois quarts des personnes qui les contactent sont des femmes victimes de violences basées sur le genre. En Côte d’Ivoire, les chiffres officiels sur la question des violences faites aux femmes sont récents et bien en deçà de la réalité. Dans un rapport publié en juin 2021, la juriste Sylvia Apata a recensé 416 féminicides rien qu’à Abidjan entre 2019 et 2020, mais aussi 1 121 cas de viol, 1 290 cas de mariage forcé et 828 cas de mutilation génitale féminine. Bien plus que ce que recensent les données nationales.

« Certains nous assimilent à des marabouts »

Les lieux d’écoute sont rares mais se développent à travers le pays. Des associations proposent une aide psychologique et des groupes de parole pour les femmes victimes. En trois ans, la petite équipe de PsyTrotter en a suivi près de 150. (...)