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Employé·e·s de Frontex, prenez la parole ! Pétition
#UE #migrants #frontex #naufrages
Article mis en ligne le 27 juillet 2023
dernière modification le 26 juillet 2023

Un bateau transportant 750 personnes a coulé au large des côtes grecques au mois de juin. De nombreux enfants figuraient parmi les victimes. Une centaine de personnes seulement ont survécu.

Selon des documents ayant fuité, Frontex, l’agence européenne des migrations, savait depuis plusieurs heures que ce bateau était en détresse et que deux enfants étaient déjà morts à bord. Mais elle n’a lancé aucune mission de sauvetage. [1] Ces personnes avaient besoin d’aide et nos autorités n’ont rien fait. Aujourd’hui encore, elles refusent d’admettre qu’elles étaient au courant de cette tragédie.

Frontex est censée assurer la sécurité des frontières tout en respectant les droits humains. Pourtant, elle fait partie d’un système permettant à nos États de priver les personnes de leurs droits les plus fondamentaux, dont celui de vivre en toute sécurité. Frontex dispose du budget le plus important de toutes les agences de l’UE. L’agence est puissante, et elle se permet d’agir dans le secret. [2]

Mais il existe un moyen de percer ses secrets et de sauver des vies.

Le personnel de Frontex dispose d’un accès direct à l’information et se trouve en première ligne pour découvrir les cas de fraude et d’abus. Nous savons qu’au sein de Frontex, des personnes courageuses prennent des risques personnels pour révéler la vérité sur les violations commises sur les côtes grecques et italiennes. [3] Plus il y aura de lanceurs et lanceuses d’alerte au sein de l’agence Frontex, plus nous aurons de chance de faire changer les choses.

Nous appelons donc le personnel de Frontex à dénoncer les violations des droits humains dont il est témoin. Demandez au personnel de Frontex de dénoncer les violations plutôt que de les couvrir :

aux employé·e·s de Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes

Les personnes qui prennent la parole pour dénoncer les injustices dans un cadre institutionnel jouent un rôle essentiel dans le maintien de la démocratie. Les lanceur·euse·s d’alerte, ou l’acte de lancer l’alerte, peuvent exposer des comportements illégaux ou immoraux et contribuer à une démocratie plus saine.

Depuis des années, Frontex est une agence controversée et fait l’objet d’accusations d’abus par ses dirigeant·e·s. [1] Bien que le directeur de Frontex ait démissionné l’année dernière en raison des accusations à son égard, la culture de l’omerta face aux comportements illégaux continue bel et bien d’exister.

C’est pourquoi nous appelons le personnel de Frontex à dénoncer tout abus et injustice dont il pourrait être informé.

Un rapport publié l’année dernière par l’OLAF (Office européen de lutte antifraude) a révélé que Frontex menait des actions illégales en toute impunité. Des violations des droits humains ont été dissimulées. L’agence Frontex a été témoin de violations des droits humains et de noyades dans la mer Méditerranée, mais elle n’a rien fait. Au contraire, elle a volontairement mis en œuvre des mesures visant à s’assurer que les violations ne soient ni filmées ni signalées, et à ce que personne n’en soit tenu responsable. [2] L’agence est de mèche avec les garde-côtes de nombreux États afin de dissimuler la vérité. [3]

Il suffit d’ignorer un rapport, une alerte ou des images incriminantes. Ce processus de dissimulation systématique de documents routiniers pourtant cruciaux contribue à la culture de l’impunité.

À la suite de la publication du rapport de l’OLAF sur Frontex, l’agence des frontières a affirmé dans une déclaration que les violations des droits humains étaient des « pratiques du passé ». [4] Cependant, à ce jour Frontex n’a pris aucune mesure substantielle démontrant de manière convaincante son engagement à remédier à ces problèmes.

(...)

La sauvegarde des droits humains n’est pas une option mais une responsabilité. Cette responsabilité s’accompagne de l’obligation de révéler les injustices, les abus, et les comportements illégaux.

Ignorer les violations des droits humains est tout simplement inacceptable. Employé·e·s de Frontex : si vous avez connaissance de telles violations, il est important de les signaler et de ne pas garder le silence.