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Marie-Claude Saliceti
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Elysée vs RT France : un parfum de censure d’Etat
Article mis en ligne le 13 juillet 2018

Ce n’est pas un "fake", encore moins un scoop, et ce n’est plus une surprise. La chaîne RT France n’a pas été accréditée par le service Presse de l’Elysée pour accéder au sommet de l’OTAN qui se déroulait ces 11 et 12 juillet en Belgique. Le reporter de la chaîne qui avait formulé une demande officielle le 6 juin a reçu une réponse négative le 3 juillet, lui indiquant par ailleurs que la procédure d’accréditation était close.

C’est un nouvel épisode de la "guerre" puérile menée par l’Elysée contre l’antenne française de la chaîne de télévision russe Russia Today, montrée régulièrement du doigt au plus haut niveau de l’Etat, comme supposé outil de propagande et de désinformation. En « représailles » à la diffusion de sujets probablement pas assez complaisants, Emmanuel Macron et son entourage ont multiplié les brimades voire les provocations à l’égard de la rédaction de la chaîne française, avant même qu’il soit élu Président de la République.
(...)

Première organisation de la profession, le Syndicat national des journalistes (SNJ) soutient la rédaction de RT France face à ce qui s’apparente à une censure d’Etat, très loin des valeurs, des idéaux, et de la « grandeur » de la France vantée par Emmanuel Macron. La diffusion de RT France est bien autorisée par le CSA depuis septembre 2015 et les journalistes de sa rédaction sont titulaires de la carte de presse.

Directement visée par la proposition de Loi (PPL) contre les « fausses informations » devenue loi contre la « manipulation de l’information », annoncée dès janvier par le chef de l’Etat et en passe d’être adoptée par le Parlement, la chaîne russe, en tant que chaîne d’information sous capitaux étrangers, est susceptible de faire l’objet d’une suspension de la part du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en cas de manquement à l’honnêteté de l’information.

Un CSA qui vient d’ailleurs de prononcer le 28 juin dernier, contre cette même société, une mise en demeure dont les termes « pourraient concerner quasiment toutes les chaînes françaises », comme le précise l’Observatoire de la Déontologie de l’Information » (ODI) dans un communiqué du 3 juillet. Cette "coïncidence" ne peut qu’accréditer, aux yeux de nombre d’observateurs, des doutes sérieux sur la supposée indépendance du CSA vis-à-vis de l’exécutif. Dans son avis, le CSA mettait en cause, à demi-mots, la ligne éditoriale pro-russe de RT France. Un crime de lèse-Macron ?