les Frères musulmans estiment que le document onusien est « trompeur », qu’il « inclut des articles qui contredisent les principes établis de l’Islam, réduisent à néant la moralité islamique et détruisent la famille, base de la société ». Pour eux, ce texte serait même « la dernière étape de l’invasion intellectuelle et culturelle des pays musulmans ».
(...) Pour justifier ses propos, la confrérie expose dix arguments. Elle s’oppose par exemple à l’« octroi aux filles d’une liberté sexuelle totale », à « l’égalité totale dans la législation du mariage », à « la fourniture de contraceptifs aux adolescentes », à « l’annulation de la nécessité de demander l’accord du mari pour voyager, travailler ou utiliser des moyens de contraception », à « la protection et au respect aux prostituées » . Les Frères dénoncent également le fait d’« accorder à l’épouse le plein droit de poursuivre en justice son mari pour viol ou harcèlement sexuel » ou encore le fait de « retirer au mari l’autorité du divorce pour la placer dans les mains de juges ».
Depuis leur arrivée au pouvoir, après la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011, les Frères musulmans se montraient, sinon rassurant, du moins évasifs sur la question des droits de la femme. Morsi, lui-même, se présente comme un modéré. Mais avec ce communiqué, la confrérie expose pour la première fois de manière explicite ce que doit être, selon elle, la place de l’Egyptienne dans la société. (...)