Ils ont entamé une grève de la faim depuis le 15 octobre. Cinq paysans du syndicat Confédération paysanne protestent contre l’exclusion des petits paysans par la Politique agricole commune (PAC) et la Loi d’avenir agricole. « L’État et la FNSEA persistent dans leur politique d’élimination des petites fermes », déplorent-ils. En cause, un changement des conditions pour accéder aux aides de la PAC. Un éleveur devra détenir au moins 10 vaches (contre 3 auparavant), 25 chèvres ou 50 moutons, et un apiculteur exploiter au moins 72 ruches. Tous devront augmenter leur taux de productivité.
Pour se faire entendre, ils sillonnent la France en camping car [1]. D’autres paysans les accueillent pour témoigner des conséquences de ces nouvelles mesures. Dans l’Aude, Jean-Louis Biard, avec trois vaches, dégage un revenu d’environ 800€ par mois. Il explique qu’il va perdre l’équivalent de plus de deux mois de salaire sur l’année. Dans ce seul département, ils seraient une centaine dans ce cas. Après un passage par la Chambre d’agriculture de l’Aude, le président Philippe Vergnes, également secrétaire général du syndicat agricole FDSEA souligne auprès de Basta ! que « le maintien d’un seuil à trois vaches permet de soutenir les petits élevages. » Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll assume pour sa part le relèvement des planchers « dans un souci de cibler les soutiens publics sur les exploitations dont l’activité agricole constitue la principale ressource et afin de limiter les coûts administratifs ».
Procès de l’industrialisation de l’agriculture
Pour la Confédération paysanne, ces orientations mettent à mal l’agriculture et l’élevage de proximité au profit d’une « industrialisation agricole subventionnée ». Et de s’indigner : « C’est ainsi que des usines de 1000 vaches ou 250 000 poules sont présentées comme des modèles de compétitivité agricole ». (...)