Le nauséabond climat qui flotte depuis des années sur notre pays ne cesse malheureusement de s’enrichir à droite d’épisodes faits de scandales, de coups bas, tordus, d’élections internes truquées, d’argent qui sert à rémunérer les copains, de corruption, d’écoutes des uns et des autres, jusqu’aux réunions de l’ancien président de la République.
La dénonciation de « pseudo complot » après cela, ne vise qu’à camoufler les faits. Et les faits sont d’une extrême gravité. Mais suffirait-il de s’en tenir là ? Non !
La corruption, les mensonges, le refus du débat d’idées et d’options politiques et économiques, la tromperie, ne sont malheureusement pas une exclusivité de la droite et atteignent désormais la République au point de la mettre en cause. Dés lors que l’argent est devenu roi, que l’on a créé les conditions pour que le Président de la République décide de tout, pour qu’il soit élu tous les cinq ans avant les députés, faisant ainsi dépendre leur élection de la sienne pour ensuite s’aligner sans coup férir sur les injonctions européo-libérales, la République est de plus en plus malmenée. Pire, le système nourrit désormais en son sein l’irrationnel extrémisme de droite, avec tous les dangers qu’il recèle, comme on le voit désormais depuis des mois. Le profond discrédit du Président de la République qui a laissé croire qu’il allait « inverser la courbe du chômage » et qui utilise l’argument du rétablissement des comptes publics pour mieux augmenter les impôts des moins fortunés, alors qu’il donne de nouveaux cadeaux à un grand patronat qui ne cesse d’en réclamer, sans contrepartie, ajoute encore à la décrépitude de la République mise à mal, car ses fondements dont ceux de l’égalité et de la justice sont sapés. La question d’un nouvel âge de la démocratie, d’une nouvelle République permettant aux citoyennes et aux citoyens de prendre leur destin en main doit être posée avec force. (...)
Il est d’ailleurs piquant de voir que cette Union européenne qui prétend ne pas disposer de moyens financiers pour venir en aide aux populations et aux pays qui en sont membres, trouve subitement 11 milliards d’euros pour l’Ukraine, qui a cette particularité nouvelle de s’être donnée, dans des conditions discutables, un gouvernement avec des ministres fascistes. Voilà une dérive de plus, dans le cadre d’une lutte géopolitique au service des conglomérats capitalistes européens dont les peuples ukrainiens, russes et européens seront une nouvelle fois les victimes.
L’Union européenne et la France, au lieu de jouer les tensions, se grandiraient à se placer à l’avant-garde de négociations où la paix et les habitants des différents pays seraient les gagnants dans le cadre d’un nouvel espace européen démocratique, pacifique et porteur de progrès social. (...)
Le vote des élections municipales
doit aussi être contre les choix d’austérités en faveur de services publics efficaces, à commencer par les services publics communaux et pour une démocratie communale vivante, donc à rénover elle aussi pour permettre aux citoyens d’être entendus et respectés tout au long d’un mandat. Ces débats sont d’autant plus indispensables que le bruit des « affaires » fait passer sous silence les nouvelles injonctions de la Commission de Bruxelles qui a placé notre pays sous « surveillance renforcée ». En fait, la Commission européenne appelle vigoureusement notre pays à inverser la courbe de « la diminution constante de la compétitivité » et pour cela elle considère le « coût du travail », c’est-à-dire les salaires « trop élevé » car cela « obère les marges bénéficiaires des entreprises ». Selon elle, la rigidité de nos salaires « ne permet pas aux entreprises de s’adapter en cas de choc ». Elle considère que le cadeau du « crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi » ne diminue pas assez le « coût du travail ». Ce genre de recommandations sert au gouvernement à amplifier encore ses choix désastreux, inclus dans le projet de « pacte de responsabilité ». Ils se résument simplement à : tout pour le capital, rien pour le travail et les travailleurs. La baisse des prétendues « charges » ne sert en fait qu’à augmenter la rente des propriétaires et actionnaires des entreprises, sous forme de « dividendes » et le système financier avec des taux d’intérêt exorbitants du crédit.Voilà qui abîme sans cesse notre République qui ne peut porter son nom que si elle est sociale, solidaire, porteuse de progrès humains et environnementaux, respectueuse de la souveraineté populaire. (...)