Le Kurdistan, c’est l’une des rares success story de l’Irak : autonome vis-à-vis de Bagdad depuis 1991, cette région bénéficie depuis peu du boom pétrolier qui attire les investissements étrangers, une situation inédite dans le pays.
Dernièrement, le Kurdistan irakien s’est penché sur la question du respect des droits de l’homme. Voilà deux ans maintenant que les Mutilations Génitales Féminines (MGF) ont été interdites avec l’introduction d’une loi globale visant à améliorer le droits des femmes et depuis, le nombre de MGF a baissé de façon drastique.
Mais comment cela a-t-il été rendu possible ? Le Kurdistan fait plutôt figure d’exception. En effet, le nombre de MGF est encore très élevé dans beaucoup d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique. Selon l’UNICEF, les pays où la pratique des MGF est la plus répandue sont la Somalie et la Guinée. L’Égypte, quant à elle, compte parmi les cinq premiers pays de la liste. Cependant, toujours d’après l’UNICEF, cette pratique est "presque inexistante" dans le reste de l’Irak.
Dans un reportage spécial de la BBC, j’ai pu en connaître davantage sur la campagne d’éducation menée sur le terrain qui a conduit à l’interdiction de cette pratique. J’ai donc voulu savoir si les mesures mises en œuvre pour faire appliquer cette loi étaient suffisantes pour en finir ainsi avec les MGF au Kurdistan. (...)
L’étape suivante de notre action consiste à appréhender les problèmes que posent cette loi et les raisons qui empêchent sa mise en œuvre. Est-ce un problème purement juridique ou cela tient-il à la façon dont elle est contrôlée ? Nous devons nous assurer que cette loi empêchera les MGF".
Le gouvernement régional du Kurdistan a promis le lancement d’une enquête complète sur tous les aspects des MGF, dont les conclusions sont attendues pour ces prochaines années.
Le coût humain de ces pratiques reste toutefois difficile à quantifier. (...)