La région est celle qui compte, dans le monde, le moins de femmes parlementaires. Des réseaux commencent à s’organiser, et la question des quotas à être posée
Elle n’occupent que 3% des sièges dans les parlements nationaux, contre 20% en Afrique subsaharienne ou 18,5% en Asie du Sud-est. Dans les îles du Pacifique, la représentation des femmes en politique se heurte à des obstacles plus grands que dans n’importe quelle autre région du monde.
Ces rares élues étaient quelques dizaines à participer au premier Forum des femmes parlementaires du Pacifique, qui s’est tenu en février à Sydney, à l’initiative du gouvernement australien.
Infimes progrès
Ce Forum aura été « un bon point de départ pour dire ’Oui, c’est une affaire sérieuse’ », explique Fiame Naomi Mata’afa. « Nous avons défriché des pistes pour avancer. Il y a un site internet pour aider les femmes à développer des réseaux, permettre des contacts directs entre femmes politiques et échanger sur des sujets parlementaires ».
Élue pour la première fois en 1985 au parlement de Samoa, Fiame Naomi Mata’afa est la plus ancienne femme parlementaire de la région pacifique. (...)
L’an dernier, un projet de loi constitutionnel visant à établir un quotas de 10% de femmes – soit 5 sièges - a été déposé au parlement de Samoa. Il devrait être discuté prochainement. Pour Fiame Naomi Mata’afa, le principal obstacle est l’inquiétude de collègues masculins qui risqueraient de se retrouver en compétition avec des femmes auprès de leur électorat. Mais à ses yeux, un débat sérieux sur la place des femmes dans les prises de décision est indispensable pour changer les mentalités.
D’autres États du Pacifique connaîtront bientôt des élections législatives : Nauru et les États fédérés de Micronésie cette année, et sans doute Fidji en 2014. Autant de nations dans lesquelles aucune femme n’a encore été élue dans les cercles de pouvoir.