Au cimetière du Montparnasse, les militantes féministes ont déposé des stèles en hommage aux 114 femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon depuis le début de l’année.
La peau et les cheveux grisés par de l’argile, une centaine de Femen ont traversé en silence ce samedi 5 octobre le cimetière du Montparnasse, à Paris, pour dénoncer les féminicides et réclamer au gouvernement “une mobilisation plus forte”, a constaté une journaliste de l’AFP.
Chacune portait une pancarte noire en forme de stèle, où figuraient les noms de femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon cette année : “Taïna, 20 ans, 3e féminicide”, “Michèle, 72 ans, 10e féminicide”, “Fabienne, 51 ans, 36e féminicide”, “Marie-Alice, 53 ans, 51e féminicide”, “Audrey, 37 ans, 66e féminicide”, “Denise, 58 ans, 92e féminicide”, “Clothilde, 35 ans, 96e féminicide”, “Salomé, 21 ans, 100e féminicide”. (...)
“Pas une de plus”, “Plus écoutées mortes que vivantes”, avaient crié les manifestantes dans les rues voisines, avant d’entrer calmement dans le cimetière. Défilant sous la pluie, les Femen avaient inscrit en lettres blanches sur leur buste dénudé “Je ne voulais pas mourir”, “Je l’ai quitté, il m’a tuée” ou “On me prendra au sérieux quand je serai morte”.
Avec cette “marche symbolique”, pour représenter “les 114 femmes victimes de féminicides” recensées par un collectif militant depuis le début de l’année, les Femen ont voulu interpeller le “pouvoir en place”, a expliqué l’une d’entre elles dans une déclaration. (...)
Inna Shevchenko, figure de proue du mouvement Femen, a déclaré à des journalistes que “le plus important aujourd’hui, c’est de commencer à entendre les femmes”. “Nous voulons que la mobilisation soit plus forte encore de la part du gouvernement, des juges, des policiers (...). Chacune d’entre nous est potentiellement victime de violences conjugales, de féminicide”, a-t-elle souligné.