
Le gouvernement sénégalais a présenté jeudi un plan de lutte sur 10 ans de l’émigration irrégulière. Celui-ci doit passer notamment par un renforcement de l’accès à l’éducation et à la formation, un soutien à l’entrepreneuriat pour la création d’emplois, mais aussi par une meilleure gestion des frontières.
Décliné en cinq axes, ce nouveau plan doit être financé par le budget national et des partenaires extérieurs. Baptisé Stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière (SNLMI), il prévoit des mesures concernant la prévention, la gestion des frontières, des mesures de répression (contre les convoyeurs), des mesures d’aide, d’assistance et de protection, le retour et la réinsertion des migrants. Le coût total du dispositif n’a pas été révélé par les autorités.
"Beaucoup de gens n’arrivent plus à joindre les deux bouts"
La situation économique du Sénégal est l’une des causes principales de la vague actuelle de départs. Comme d’autres États dans le monde, l’inflation, liée notamment à la guerre en Ukraine, plombe l’économie du pays et le prix des matières premières s’envole. À titre d’exemple, un kilo d’oignons se vendait environ 300 francs CFA (soit 0,46 centimes d’euros) avant la crise, contre 1 000 francs CFA (1,52 euros) aujourd’hui.
Boubacar Seye, président de l’association Horizons sans frontières qui lutte contre l’immigration clandestine, assure que l’extrême pauvreté s’est également accrue avec la pandémie de Covid-19. "La crise sanitaire a plombé toute l’économie du Sénégal et rien n’a été fait pour aider les gens. Depuis deux ans, le pays ne fonctionne plus", constate-t-il.
Le secteur informel, qui fait vivre la majorité de la population, a été touché de plein fouet par les restrictions liées au coronavirus. Les domaines du commerce ou de l’artisanat ne sont pas parvenus à se relever.
Le secteur de la pêche artisanale est également durement mis à mal par la pêche industrielle, le changement climatique et l’installation d’une plateforme gazière à une dizaine de kilomètres au large de Saint-Louis (nord du Sénégal), gérée par les entreprises BP et Kosmos Energy, et les compagnies pétrolières publiques du Sénégal et de la Mauritanie. Le début de son exploitation est prévue à la fin de l’année mais elle suscite déjà des inquiétudes.
Des naufrages en augmentation (...)