Nous vous informons d’une condamnation qui vient d’être prononcée ce 28 avril, en comparution
immédiate, au TGI de Versailles, contre 4 personnes de nationalité roumaine et de culture rom qui
vivent sur le terrain de Triel (Yvelines), terrain dont les habitants bénéficient par ailleurs d’un
accompagnement social dans le cadre de la circulaire interministérielle du 26 août 2012.
Ces 4 personnes sont :
– une mère de 3 enfants dont le plus jeune a 4 ans ;
– deux jeunes de 19 ans suivis à la mission locale pour l’emploi (l’un a commencé un stage de formation
professionnelle) ;
– un homme célibataire de 24 ans.
Ils sont condamnés pour "vol avec effraction en bande organisée". En fait ils ont pénétré sur une
déchetterie, en utilisant une brèche sommairement refermée dans le grillage. Ils ont tenté de voler
de la ferraille (pour une valeur d’au maximum 40 € d’après la procureure dans ses réquisitions)
qu’ils ont abandonnée sur place du fait de l’intervention de la police (finalement, ils n’ont donc rien emporté).
La qualification "bande organisée" semble déduite du fait qu’ils se connaissent entre eux :
effectivement ils vivent sur le même terrain à Triel, sont originaires du même village en Roumanie et
ont des liens de parenté entre eux.
Ils avaient tous un casier judiciaire vierge.
Seul le jeune en stage touchait, jusqu’à son arrestation, 350 € par mois. Les autres n’avaient aucunes
ressources. La mère de famille ne touche pas d’allocation familiale, son mari est inscrit à pôle emploi non indemnisé.
Ils ont été tous les quatre condamnés à 8 mois de prison ferme.
De plus la mairie des Mureaux, pourtant classée à gauche, leur réclame 4000€ de dommages et
intérêts. Cette mairie semble vouloir les faire payer pour tous les vols et dégradations dont ses
installations de déchetterie ont été l’objet dans les mois passés, sans savoir si les accusés (qui
n’ont aucun antécédant judiciaire) étaient impliqués dans les précédentes affaires. Le
tribunal n’a pas statué sur la somme réclamée par la mairie, celle-ci n’ayant aucune preuve
(factures...) du préjudice qu’elle invoque. Une nouvelle audience est fixée (2 juin) pour statuer sur
cette "réparation".
Nous sommes atterrés par un tel jugement qui nous semble d’une dureté disproportionnée avec la
réalité des faits. S’ils n’étaient pas roumains et roms, la peine aurait-elle été aussi lourde ?
Nous ne le croyons pas. (...)