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Marie-Claude Saliceti
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Reporterre
Comment j’ai été blessée sur la Zad
Article mis en ligne le 13 mai 2018
dernière modification le 12 mai 2018

Le 11 avril, une journaliste de Reporterre, Marie Astier, était blessée par une grenade des gendarmes lors d’un reportage sur la Zad. Trois autres journalistes ont été blessés dans des circonstances similaires. Nous revenons sur ces événements, et sur ce qu’ils disent de l’intervention des forces de l’ordre sur la Zad. Et de l’impérative nécessité que les journalistes puissent témoigner.

(...) Une « réponse » des gendarmes proportionnée à la menace ?
Sommations, nuage de gaz lacrymogènes, pluie de grenades assourdissantes ou Gli-F4 : c’est l’enchaînement quasi systématique à chaque charge. Mais les gendarmes sont-ils dans la légalité, quand ils lancent des grenades, sans visibilité, derrière une haie, au milieu d’un nuage de gaz, ou au loin sur des groupes de gens visiblement pacifiques, voire en train de fuir (et donc d’obéir aux sommations) ? La question est délicate. « La gradation de la réponse par rapport à la situation est la règle de base », m’indique au téléphone un officier presse de la Gendarmerie nationale. Autrement dit, la réponse doit être proportionnée à la menace. « Il y a toujours des sommations, et puis les munitions ont toutes un dispositif retardateur [environ une seconde], ce qui laisse le temps aux gens de se mettre à l’abri », me précise-t-on également. « Les tirs à la main ou courbes [en cloche] sont préconisés. Les tirs tendus sont interdits. » Cependant, plusieurs témoignages recueillis par les « Médics » de la Zad font état de blessures probablement dues à des tirs tendus. (...)

Certaines scènes poussent à se demander s’il n’y a pas, chez certains membres des forces de l’ordre, une volonté délibérée de blesser. « Il y a clairement une volonté de mutiler les gens avec des éclats qui partent dans tous les sens et qui visent tout le monde, même ceux qui ne vont pas au contact », indiquait une Médic à Reporterre en avril. Le degré de violence atteint sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes est difficile à imaginer. « J’ai fait toutes les manifs de la loi travail, j’ai jamais vu un tel niveau de violence », m’a confirmé Cyril Zannettacci. Alors il faut continuer de raconter...