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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
Au large de la Grèce, le pire naufrage d’un bateau de migrants depuis 2016
#UE #migrants #frontex #naufrages
Article mis en ligne le 15 juin 2023

Un navire de pêche parti de Libye a coulé, dans la nuit du 13 au 14 juin, alors qu’il faisait route vers l’Italie. Une centaine de personnes ont pu être secourues. Selon le témoignage de rescapés, le bateau transportait 750 personnes.

Sur la jetée du port de Kalamata (Grèce), dans la pénombre, peu avant 23 heures, un navire des garde-côtes s’amarre à l’écart des regards indiscrets. Des bénévoles de la Croix-Rouge observent la scène avec gravité. « Ils ramènent les morts… Maintenant, il n’y a plus d’espoir de retrouver d’autres survivants », murmure l’une d’entre elles. Un camion réfrigéré se gare devant le bateau et le transfert des corps commence. Les 79 cadavres repêchés au large de la péninsule du Péloponèse, suite au naufrage, dans la nuit du 13 au 14 juin, d’un navire de pêche rempli de migrants, doivent être conduits à la morgue de Corinthe ou à celle d’Athènes, pour être identifiés.

« Mais ce chiffre va de toute évidence s’alourdir au fil des heures et on pourrait avoir des centaines de morts », lâche, épuisé, Dimitris Haliotis, un secouriste de la Croix-Rouge. D’après les témoignages de la centaine de personnes qui ont pu être secourus en mer, ils auraient été 750 à s’entasser sans gilets de sauvetage sur le chalutier bleu décrépit. (...)

Dans le port de Kalamata, Dimitris Haliotis apporte les premiers soins aux rescapés. En majorité syriens, égyptiens et pakistanais, ils sont hébergés temporairement dans un hangar désaffecté. Allongés sur des matelas et enveloppés de couvertures grises, leurs visages sont marqués par les traumatismes et la fatigue. Derrière une barricade, ils sont encadrés par des policiers, des garde-côtes et des militaires.

« Ils sont psychologiquement et physiquement très affaiblis. Ils voyageaient depuis six jours dans un bateau où ils étaient les uns sur les autres… Ils n’avaient même pas d’endroit pour faire leurs besoins, ils étaient déshydratés et n’avaient pas bien mangé depuis des jours », souligne Orestis Koulopoulos, un urgentiste qui affirme que, depuis le matin, une vingtaine ont été admis à l’hôpital pour hypothermie, fièvre ou hypoglycémie.
Prise de risque accrue

Selon plusieurs sources, le bateau serait parti de Tobrouk, une ville portuaire de l’est libyen, à moins de 150 kilomètres de la frontière égyptienne. Depuis un an environ, le nombre de départs depuis cette région nord orientale, dite de la Cyrénaïque, a considérablement augmenté, alors qu’une majorité des migrants tentaient jusque-là de rejoindre l’Europe depuis la région côtière de Tripoli. (...)