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Anti-écolos et pro-marchés financiers peuplent la Commission européenne
Article mis en ligne le 12 septembre 2014

« Nous nous réjouissons du portefeuille arraché par Pierre Moscovici face aux conservateurs en Europe : non seulement il obtient les affaires économiques, mais il sera également en charge de la fiscalité. C’est un portefeuille essentiel pour lutter contre les paradis fiscaux. »

Les socialistes français élus au Parlement européen sont bien les seuls à s’enthousiasmer de l’arrivée de l’ancien ministre des Finances à Bruxelles.

La réforme bancaire qu’il a mise en place en France est jugée « dérisoire », Moscovici s’étant largement soumis aux exigences du lobby bancaire (lire notre enquête). Sur la question des paradis fiscaux, ce sont les députés et les sénateurs qui ont durci in extremis la loi, malgré les réticences du ministre. Et lorsque le précédent commissaire européen français Michel Barnier (UMP) présente en janvier 2014 un projet de réforme européenne du secteur bancaire, qui vise à limiter la taille des banques, le ministre des Finances socialiste juge sa proposition trop radicale !

Le collègue de Pierre Moscovici en charge des services financiers est lui directement issu du milieu des marchés financiers. Le conservateur britannique Jonathan Hill a fondé en 1998 une entreprise de lobbying, Quiller Consultants. Une société dont il est toujours actionnaire. Parmi ses clients : des poids lourds du secteur financier comme la banque HSBC, la société interbancaire de télécommunication financière (Swift), et l’organisation gérant la City de Londres... Ou dans un tout autre domaine, MigrationWatch, un think-tank considéré comme proche de l’extrême droite. (...)

« La composition de la commission Juncker annonce le renforcement des politiques néolibérales qui entraînent l’Europe dans le gouffre. Pour Attac France, il s’agit d’une véritable insulte pour les millions de citoyens européens qui souhaitent rompre avec le dogme de l’austérité et la domination de la finance, pour engager la transition écologique et sociale », estime l’association altermondialiste. Un néolibéralisme qui ouvre aussi une porte à la droite dure : l’ancien ministre hongrois Tibor Navracsics, membre du très réactionnaire parti Fidesz s’occupera de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et de la citoyenneté… (...)