Un marché immobilier parallèle se développe à Madrid : la location et la vente de squats. Un business illégal mais florissant, symptomatique de la crise sociale qui ébranle la capitale espagnole.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres, ou quand la crise fait émerger de nouveaux business. A Madrid, des bandes organisées s’approprient illégalement les logements vacants pour les monnayer à des personnes sans toit, raconte le quotidien espagnol El Pais.
Plusieurs mois voire plusieurs années avant d’être délogé
Ces groupes se targuent ainsi de proposer des habitations avec l’eau, l’électricité, le gaz et même le chauffage à des prix défiants toute concurrence : les logements vacants, une fois forcés et serrures changées, sont loués 200 à 400 euros par mois, ou même vendus de 1000 à 2000 euros. Ni bail ou ni documents officiels, la transaction se fait "au black".
Nous facturons en moyenne 1200 euros pour un appartement de deux ou trois chambres avec cuisine, eau, gaz et électricité inclus. Nous avons le meilleur prix dans le quartier, d’autres bandes proposent la même chose à 2000 euros",
explique à El Pais Paco, membre d’un gang opérant dans le quartier pauvre de San Cristobal. (...)
Beaucoup d’Espagnols se sont retrouvés sans-abri avec la crise. Au fil des années, et alors que la récession s’éternisait en Espagne, de plus en plus de logements se sont retrouvés vides. Les squats se sont alors multipliés.
Il y a en Espagne près de trois millions de résidences inhabitées, soit 13,7% du total des habitations. Le nombre de logements vides a ainsi augmenté de 7,6% en une décennie à Madrid. A côté de cela, entre 2005 et 2012, le nombre de personnes jetées à la rue à la suite de la perte de leur emploi a augmenté de 55%. Le nombre de sans-abri a alors augmenté de 4,8%.
Certains sites Internet donnent ainsi des conseils pour bien réussir son squat. (...)