Il y a 25 ans, le Parti communiste chinois manquait l’occasion historique de sortir à la fois des cycles de mobilisations et de violences révolutionnaires inouïes qui ont marqué l’histoire de la République populaire de Chine et de créer une expérience nouvelle du socialisme dans un grand pays de culture et d’histoire ancienne.
Dans un pays qui a longtemps préféré les sages aux guerriers, l’enjeu était de taille. Quand les étudiants demandent têtes baissées audience à leur dirigeants, ceux-ci pouvaient saisir cette occasion unique dans le monde communiste de recréer un lien perdu avec sa population, représentée – c’est important – par les forces vives, la jeunesse de la nation.
Le Parti aurait pu alors négocier une sortie de crise en douceur, établir des canaux de discussion institutionnels et orienter le pouvoir autoritaire qu’il est alors, vers un forme politique résolument nouvelle, où le « peuple » et l’Etat auraient inventé une manière négociée d’avancer vers l’avenir. C’est important, notre monde serait différent.
Mais, le PCC refusa de négocier (...)
En Chine, tout change, et rien ne change, parce que cette nuit-là la RPC a imposé un nouveau type de « rapports sociaux » à sa population. Le message était clair, et a été parfaitement reçu.
En renouant ensuite rapidement avec les forces d’un (néo)libéralisme globalisé qui avait vaguement fait croire que les événements l’avait choqué, le PCC a créé ce monstre totalitaire qui dépouille, asservi, emprisonne qui n’est pas d’accord avec lui. (...)