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Le blog à Bécassine
21 jeunes filles dont 7 mineures lourdement condamnées à Alexandrie
Article mis en ligne le 7 décembre 2013

Le 27 novembre, les réactions internationales condamnaient l’application de la loi encadrant les manifestations ainsi que l’évacuation musclée et l’arrestation de plusieurs activistes ayant manifester la veille contre les tribunaux militaires pour les civils. Le même jour, à Alexandrie, 21 jeunes filles agées de 15 à 22 ans écopaient de très lourdes peines de prison pour avoir manifester contre le coup d’État. Si cette condamnation n’a pas eu le même retentissement à l’étranger que les événements de la veille ; en Égypte, elle a provoqué une onde de choc.

Retour sur les faits.

Alors que le président déchu Morsi doit être jugé le 4 Novembre, les manifestations de soutien en sa faveur ou condamnant le coup d’Etat se multiplient. Le 26 Octobre, le mouvement “7 elsob7” traduit en anglais par “7am” ou “7 heure du mat” est créé à Alexandrie. Il regroupe des adolescents et de jeunes adultes, se réclame de la non-violence et veut organiser des manifestations pacifiques pour dénoncer le coup d’Etat, la junte au pouvoir, l’arrestation et le meurtre d’innocents. Le 31 Octobre, 700 jeunes (filles et garçons) du mouvement décident d’entreprendre une action symbolique. Ils veulent rejoindre la corniche afin de former une chaîne humaine. Ils ont avec eux des ballons jaunes et des posters comme celui ci-après qui est devenu le symbole des pro-Morsi.

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Ce qui s’est passé par la suite est beaucoup moins clair. La description des événements la plus complète est donnée par Naira Antoun et Lindsey Parietti sur Madamasr. Les jeunes se rassemblent dans le quartier Roshdy et entament leur marche vers la Corniche. Alors qu’ils sont presque arrivés à destination, des assaillants, cachés dans un bâtiment proche de l’intersection entre la rue et la corniche commencent à leur jeter des bouteilles de verre. Quelques manifestants répondent aux jets de bouteille par des jets de pierre, mais d’après plusieurs témoins, les filles n’ont pas pris part au caillassage. Peu de temps après, la police intervient arrêtant un homme (qui sera relâché dans la soirée) et 21 femmes. D’après les articles de presse sur le sujet, elles sont accusées de plusieurs forfaits, qui présentent de légères différences en fonction des journaux, voire des articles. (...)

Khalaf, avocat dans un groupe de défense des droits de l’homme égyptien affirme que les jeunes filles ont été sujettes à des arrestations totalement arbitraires. Vingt-deux filles ont été arrêtées parmi 400 manifestantes. Les forces de l’ordre ont mené leurs interpellations et ont dispersé la manifestation de manière extrêmement violente, raflant même au passage une passante qui ne faisait pas partie de la manifestation.

Emprisonnées le 31 Octobre, leur procès a débuté le 20 novembre. Les preuves à l’encontre des filles ne sont pas des plus accablantes. Les témoignages des employés des échoppes de la rue mentionnent des dégâts mineurs. Quant aux victimes, leurs témoignages sont contradictoires (...)

La sentence est tombée le 27 novembre. Les 14 filles majeures écopent de 11 ans et un mois de prison ferme. Les 7 filles mineures ayant entre 15 et 17 ans seront quant à elles confinées dans un centre de rétention pour mineures jusqu’à leur majorité (il n’est pas clair de ce qu’il adviendra après leur majorité). (...)

Leur avocat, Mahmoud Gaber a annoncé qu’il avait fait appel de ce verdict qu’il considère illégal. (...)

Les filles seront jugées en appel le 7 décembre. Les avocats ont pris acte du jugement seulement trois jours avant cette date. (...)

Réactions en chaîne à l’Université du Caire

Au lendemain de l’annonce du verdict, une manifestation d’étudiants (toute tendance confondue y compris apolitique) de l’Université du Caire a tourné au drame lorsqu’un jeune homme, Mohammed Reda a été mortellement touché au cou par un tir de grenaille. Et comme c’est de rigueur dans de telles circonstances, le Ministère de l’Education dément que les forces de l’ordre aient fait usage de grenaille à l’intérieur du campus et accusent les étudiants affiliés au Frères Musulmans d’être l’auteur du coup de feu mortel.

Les cours n’avaient toujours pas repris jeudi 5 décembre, jour où les étudiants annonçaient qu’ils entameraient une grève et un sit-in à compter de samedi 7 pour demander la traduction en justice des responsables de la mort de leur camarade ainsi que du Ministre de l’intérieur et la démission du Ministre de l’Education Supérieure (...)