un père enfermé au CRA de Rennes tente de faire un "parloir sauvage" avec son petit garçon le 12 mars 2014.
Il semble bien que le désir du ministre de l’Intérieur soit de faire de cette date l’occasion d’un hommage particulier à sa politique barbare à l’encontre de l’immigration.
En effet, le 11 mars 2013 déjà, Manuel Valls avait adressé aux préfets une circulaire leur indiquant que s’il avait renoncé à leur fixer un nombre d’expulsions chiffré à l’unité près comme le faisait Guéant, il leur assignait néanmoins des "objectifs ambitieux", particulièrement en matière de chasse aux mineurs étrangers isolés et de travailleurs.
Cette année, la brute est contente d’elle et de ses services comme elle l’affirme dans une nouvelle circulaire aux préfets : "l’année 2013 a montré l’efficacité des outils et du travail des services". Le nombre des "retours contraints" a augmenté de 13%. "Le niveau total des éloignements forcés atteint ainsi son plus haut niveau depuis 2006. Ces résultats, encourageants, sont la traduction de votre mobilisation qui devra se poursuivre tout au long de l’année 2014". Guéant, Besson, Hortefeux enfoncés ! Sarko, petit bras !
On appréciera au passage la délicatesse de l’expression "retours contraints" pour désigner des actes d’une extrême cruauté. Un homme ligoté de la tête aux pieds, bâillonné, porté à l’avion se débattant et hurlant, c’est un "retour contraint". "Mené dans le respect des droits et de la dignité des personnes", on est de gauche, tout de même !
Particulièrement dans le collimateur, "les déclarations de paternité frauduleuses et les mariages de complaisance" qui "doivent également faire l’objet de toute votre vigilance". Le ministre du trou de serrure est de retour ! On ne va tout de même pas laisser des gourdes, même de nationalité française, s’amouracher de sans papiers, voire faire des enfants avec eux !
Ces consignes n’ont pas tardé à produire leurs effets : la semaine dernière étaient enfermés au Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes cinq pères ayant au total 11 enfants, de 10 mois à 17 ans. A ce jour, un seul a été libéré, mais il a été aussitôt remplacé par le père azerbaïdjanais de deux enfants. A Rennes, on tient les cadences ! Ils sont donc toujours cinq pères à attendre leur "retour contraint" dans le respect des droits de leurs enfants. (...)