Au Proche-Orient, deux employés de l’organisation Human Rights Watch (HRW) ont démissionné – le directeur Omar Shakir et son assistante de recherche – alors qu’ils constituaient l’intégralité de l’équipe Israël-Palestine. La direction de l’ONG a bloqué, selon eux, la publication d’un rapport qui devait sortir ce jour et qui accusait Israël de commettre des « crimes contre l’humanité » en niant notamment le droit au retour des réfugiés palestiniens.
« J’ai perdu confiance dans l’intégrité de notre travail et dans notre engagement à informer de manière rigoureuse », voilà ce qu’écrit Omar Shakir, qui dirigeait le bureau Israël-Palestine depuis près de dix ans, dans sa lettre de démission. De son côté, l’organisation de défense des droits de l’homme précise dans un communiqué que le rapport en question soulevait des « questions complexes et importantes » et qu’il faut « des analyses et des recherches supplémentaires ».
À l’origine de leur désaccord, il y a donc un rapport : 43 pages qui font un lien entre les expulsions de 1948 lors de la création de l’État d’Israël et la situation actuelle à Gaza et dans les camps de réfugiés en Cisjordanie occupée. (...)
S’appuyant sur son expérience, Omar Shakir en tire des conclusions : le droit au retour est quasiment « le seul sujet qui reste tabou », dit-il, et sur lequel il y a « une réticence à appliquer le droit et les faits de manière rigoureuse » et estime que « cela prouve que l’organisation privilégie la crainte de représailles politiques à son engagement envers le droit international ».