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Devenir un réfugié sur sa propre terre
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu
Article mis en ligne le 4 février 2026
dernière modification le 2 février 2026

La nouvelle Gaza : un projet cosmétique sur une plaie ouverte. On parle d’une « nouvelle Gaza » construite à partir de zéro. Zéro de quoi ? Zéro mémoire ? Zéro histoire ? Zéro êtres humains ?

(...) Cette semaine, un texte cinglant de lucidité d’Abu Amir évoque cette question

« Prévoir de construire des gratte-ciel sur les ruines de la souveraineté d’un pays et d’un peuple. En temps de grandes crises, les solutions semblent désormais sortir des tiroirs des sociétés de promotion immobilière plutôt que des tables de la politique et de la justice. Depuis la tribune du Forum de Davos, où le destin des peuples se décide entre deux conférences et un café luxueux, Donald Trump, le courtier chevronné, a déclaré avec assurance que Gaza est un « site exceptionnel en bord de mer », et que sa transformation en une ville de gratte-ciel serait un « succès spectaculaire ». En une seule phrase, Gaza est passée du statut d’un peuple assiégé, de terre occupée et de tragédie humanitaire prolongée, à celui d’un terrain d’investissement à la vue maritime attrayante.

Quand le politicien regarde le monde avec les yeux d’un promoteur immobilier (...)

On dit que 81 % des bâtiments du territoire sont détruits ou endommagés. Dans le langage politique, c’est un chiffre tragique ; dans le langage du capital, c’est une « vaste opportunité de reconstruction ».

On dit aussi que 2,1 millions de personnes vivent dans la bande. Dans le langage humain, c’est un peuple ; dans le langage de l’investissement, c’est une « densité démographique susceptible d’être redistribuée ». Ainsi, la catastrophe devient une offre d’investissement, et la tragédie un fichier PowerPoint intitulé : « Gaza, les potentiels inexploités ».

Des gratte-ciel au lieu de la justice transitionnelle (...)

La logique dominante aujourd’hui est extrêmement simple : pourquoi traiter la cause du problème alors qu’on peut en polir la façade ? (...)

Trump parle d’un succès spectaculaire . Mais la question est spectaculaire pour qui ? Pour les entreprises de reconstruction ? Pour les sociétés d’armement qui ont détruit puis seront chargées de reconstruire ? Pour les fonds d’investissement qui voient dans la destruction une opportunité en or ? Le succès, dans leur dictionnaire, signifie des profits élevés. Dans celui des peuples, le succès signifie liberté, dignité, droit à la vie.

Gaza n’est pas une terre vide, Gaza est mémoire et identité

Gaza n’est pas un terrain sans propriétaire. Ce n’est pas un projet d’ingénierie à livraison différée. Ce n’est pas une opportunité d’investissement en attente d’appel d’offres. Gaza est une mémoire collective. Des rues qui ont des noms. Des maisons qui ont des histoires. Des gens qui ont des racines. Et tout cela ne peut pas être réduit à un élégant plan d’urbanisme.

Pas de reconstruction sans libération

La reconstruction sans liberté… c’est un embellissement de l’occupation. La construction sans souveraineté… c’est un décor politique. La ville sans ses habitants… c’est un projet sans âme. Vous pouvez ériger de hautes tours, les peuples ne se mesurent pas en mètres, ils se mesurent en dignité. (...)