Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
blogs de Médiapart
Récit d’un médecin d’un hôpital de Novossibirsk devenu un foyer d’infection du covid-19.
« J’ai vu des gens périr, mais ce qui se passe maintenant, ce n’est jamais arrivé »
Article mis en ligne le 22 juin 2020

« [En temps normal] le service de pneumologie de l’hôpital central d’Iskitim soigne les maladies du système respiratoire : asthme, bronchites, cancers. Au début de l’épidémie de covid-19, il a commencé à admettre des patients atteints de pneumonies bactériennes, sans être réorganisé. Ses moyens ont été réduits, afin de permettre la création d’une unité spécialisée dans le diagnostic et le traitement des cas de covid-19 ».

« Le service de pneumologie devait traiter les patients atteints de pneumonie bactériennes de tout le district : Berdsk, Maslianino, Tcherepanovo, Souzoun, Linevo et Iskitim. Bien sûr, il a été immédiatement débordé par l’afflux de patients, en particulier ceux qui venaient de Berdsk. Avec le développement de la pandémie et la dégradation de la situation de notre région, le service s’est progressivement transformé en "passerelle", mais sans mesures de protection contre le coronavirus. Et maintenant, les patients du service sont à 90 à 95% des malades du covid-19. Mais ils ne peuvent y être traités, il n’y a pas de médicaments et d’équipement pour cela, il n’y a pas de moyens de protection, pas de zones "rouges" et "vertes" ».

« Pour que le diagnostic soit établi, il faut une confirmation par un second laboratoire est nécessaire. C’est peut-être une bonne chose, mais tant que cette analyse n’est pas faite, le cas est considéré comme douteux. L’analyse, on l’attend une semaine, une autre. Et pourtant, il est certain que le patient est infecté par le coronavirus, parce que dans ces conditions il n’est pas possible de ne pas l’être ».

« Et, en plus, les personnels du service ont commencé à tomber malades. Les tests PCR ont été positifs dans 8 cas sur 10, dont deux médecins. Trois se sentaient malades, sans que ce ne soit gravement ».

« Plusieurs personnes - une infirmière en chef, des infirmières – ont été hospitalisées, avec une température de 39 degrés, comme c’est prescrit pour cette infection. Bientôt, plus personne ne travaillera. Ceux qui sont à moitié malades, mais qui ont le sens des responsabilités et du devoir, le font bout, par équipes de 36 heures ».

« Mais ce qui est le plus paradoxal et aussi absolument scandaleux, c’est que la salle d’inspection sanitaire, par laquelle les patients entrent dans le service de pneumologie, est commune avec le service des soins généraux, situé au rez-de-chaussée. On rentre dans l’hôpital par cette seule salle. Les patients qui ont le coronavirus – le diagnostic n’est pas encore confirmé, mais c’est comme écrit sur leur front –, et ceux qui ne l’ont pas. Les malades arrivent avec de la fièvre, ils sont sévèrement atteints, on ne peut leur refuser de l’aide, mais ils n’ont pas encore subi le premier test, et encore moins le second. Et dès cette première étape tout le monde se mélange ».

« [En temps normal] le service de pneumologie de l’hôpital central d’Iskitim soigne les maladies du système respiratoire : asthme, bronchites, cancers. Au début de l’épidémie de covid-19, il a commencé à admettre des patients atteints de pneumonies bactériennes, sans être réorganisé. Ses moyens ont été réduits, afin de permettre la création d’une unité spécialisée dans le diagnostic et le traitement des cas de covid-19 ».

« Le service de pneumologie devait traiter les patients atteints de pneumonie bactériennes de tout le district : Berdsk, Maslianino, Tcherepanovo, Souzoun, Linevo et Iskitim. Bien sûr, il a été immédiatement débordé par l’afflux de patients, en particulier ceux qui venaient de Berdsk. Avec le développement de la pandémie et la dégradation de la situation de notre région, le service s’est progressivement transformé en "passerelle", mais sans mesures de protection contre le coronavirus. Et maintenant, les patients du service sont à 90 à 95% des malades du covid-19. Mais ils ne peuvent y être traités, il n’y a pas de médicaments et d’équipement pour cela, il n’y a pas de moyens de protection, pas de zones "rouges" et "vertes" ».

« Pour que le diagnostic soit établi, il faut une confirmation par un second laboratoire est nécessaire. C’est peut-être une bonne chose, mais tant que cette analyse n’est pas faite, le cas est considéré comme douteux. L’analyse, on l’attend une semaine, une autre. Et pourtant, il est certain que le patient est infecté par le coronavirus, parce que dans ces conditions il n’est pas possible de ne pas l’être ».

« Et, en plus, les personnels du service ont commencé à tomber malades. Les tests PCR ont été positifs dans 8 cas sur 10, dont deux médecins. Trois se sentaient malades, sans que ce ne soit gravement ».

« Plusieurs personnes - une infirmière en chef, des infirmières – ont été hospitalisées, avec une température de 39 degrés, comme c’est prescrit pour cette infection. Bientôt, plus personne ne travaillera. Ceux qui sont à moitié malades, mais qui ont le sens des responsabilités et du devoir, le font bout, par équipes de 36 heures ».

« Mais ce qui est le plus paradoxal et aussi absolument scandaleux, c’est que la salle d’inspection sanitaire, par laquelle les patients entrent dans le service de pneumologie, est commune avec le service des soins généraux, situé au rez-de-chaussée. On rentre dans l’hôpital par cette seule salle. Les patients qui ont le coronavirus – le diagnostic n’est pas encore confirmé, mais c’est comme écrit sur leur front –, et ceux qui ne l’ont pas. Les malades arrivent avec de la fièvre, ils sont sévèrement atteints, on ne peut leur refuser de l’aide, mais ils n’ont pas encore subi le premier test, et encore moins le second. Et dès cette première étape tout le monde se mélange ». (...)