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Futura Sciences
Poêles, emballages, vêtements : ces polluants invisibles multiplient le risque de maladie du foie chez les jeunes
#polluantsEternels #PFAS #UE #sante #enfants
Article mis en ligne le 4 février 2026
dernière modification le 2 février 2026

Les maladies du foie ne concernent plus uniquement les adultes. Des travaux récents montrent que certaines expositions environnementales précoces, notamment aux PFAS, pourraient influencer la santé hépatique dès l’adolescence.

Vous utilisez une poêle antiadhésive, portez des vêtements imperméables ou consommez parfois l’eau du robinet ? Sans le savoir, vous êtes probablement exposé aux PFAS. Ces substances chimiques, surnommées polluants éternels car elles se dégradent très lentement, sont aujourd’hui au cœur d’une alerte sanitaire préoccupante.

Une nouvelle étude, publiée début janvier 2026 dans la revue Environmental Research, montre qu’elles pourraient multiplier par trois le risque de maladie du foie chez les adolescents. (...)

Pourquoi l’exposition aux PFAS pourrait fragiliser le foie dès l’adolescence

Pour les auteurs, ces données montrent que la maladie du foie ne dépend pas uniquement de l’alimentation ou du poids. L’environnement chimique, la génétique et le mode de vie interagissent fortement. (...)

D’autres travaux ont également établi un lien entre les PFAS et des perturbations hormonales, en particulier au moment de la puberté, une période clé du développement.

Pour aller plus loin, les chercheurs estiment nécessaire de mener des études prospectives de plus grande ampleur, avec des mesures répétées des PFAS au fil du temps. Cela permettrait de mieux comprendre comment l’exposition à ces substances à différents moments du développement, influence les effets à long terme sur la santé.

Souvent invisibles, les PFAS sont pourtant omniprésents dans notre quotidien. Cette étude rappelle que leur impact sur la santé commence tôt, parfois dès l’enfance, et peut évoluer silencieusement pendant des années. Mieux informer, limiter l’exposition et renforcer la prévention apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur pour protéger la santé des générations futures.

« La MASLD peut évoluer silencieusement pendant des années avant de provoquer de graves problèmes de santé, explique Lida Chatzi, directrice du centre ShARP. Réduire l’exposition aux PFAS dès le plus jeune âge pourrait aider à prévenir les maladies du foie plus tard. »

De son côté, Shiwen Li, premier auteur de l’étude, rappelle que « les adolescents peuvent être particulièrement vulnérables aux effets néfastes des PFAS sur la santé, car il s’agit d’une période cruciale pour le développement et la croissance ».
Les PFAS et la santé des adolescents : ce que montrent aussi d’autres études

Lire aussi :

 (Générations futures)
Le coût de la pollution PFAS : les estimations sont vertigineuses et exigent un plan de financement ambitieux et rapide

La pollution PFAS : un coût de plusieurs centaines de milliards

En 2025, Le Forever Lobbying Projet avait déjà évalué le coût de la pollution PFAS à 100 milliards par an. En parallèle la DG ENV (direction générale de l’environnement) de la Commission européenne avaient commandé une étude aux consultants WSP, Ricardo and Trinomics concernant les coûts à prévoir face à la pollution PFAS pour l’Europe. Les conclusions de cette étude publiée hier confirment l’ordre de grandeur et explicitent les fortes variabilités selon les hypothèses concernant les coûts en termes de soins de santé, de dépollution de l’eau et des sols ainsi que des effets des PFAS sur les écosystèmes.

Elle définit 4 scénarii :

  • inaction face à la pollution PFAS ;
  • dépollution des PFAS pour atteindre les seuils actuels définis par la réglementation européenne pour l’eau potable à savoir 100 ng/L pour la somme de 20 PFAS et 500 ng/L pour l’ensemble des PFAS ;
  • dépollution des eaux souterraines et eaux de surface pour atteindre l’objectif proposé par la Commission de 4,4 ng/L (équivalent PFOA) pour la somme de 24 PFAS ;
  • interdiction complète des PFAS avec une exposition aux PFAS déjà présents dans l’environnement.

Le scénario le moins coûteux est le dernier, à savoir un arrêt définitif de la production et de l’utilisation des PFAS. Dans ce scénario, les coûts sont estimés entre 73 à 4 573 milliards d’euros sur 25 ans avec une estimation centrale à 333 milliards d’euros. (...)

Les limites de l’étude : des frais de santé largement sous-estimés

Par manque d’informations disponibles sur les impacts de la pollution PFAS pour les écosystèmes, l’étude ne se prononce pas sur un coût chiffré.

Concernant les coûts de santé, l’étude se limite aux 4 substances PFAS réglementées actuellement dans l’alimentation à savoir le PFOA, le PFOS, le PFHxS et le PFNA. Or, le PFOS et le PFOA étant interdits depuis plusieurs années, d’autres PFAS les ont remplacés dans les activités industrielles avec bien entendu les mêmes risques d’exposition via la contamination de l’environnement, des aliments et de l’eau potable. Par ailleurs, le TFA dont la présence est avérée à des niveaux élevés dans l’eau potable n’est absolument pas pris en compte malgré les éléments déjà disponibles sur sa toxicité hépatique et ses effets reprotoxiques. Les coûts calculés dans l’étude sont donc largement sous-estimés.
Qui va payer la dépollution du TFA ? (...)

Pour l’instant, ce sont les contribuables qui paient. Et pourtant, les responsables des pollutions sont la plupart du temps identifiés ou identifiables. Le principe de pollueur-payeur est d’ailleurs partiellement prévu dans la loi française anti PFAS (...)

« La pollution PFAS est un défi majeur aussi bien en termes de santé publique, qu’en termes de protection des milieux et d’enjeux économiques liés à la dépollution. TOUTES les substances PFAS doivent être interdites : non seulement les rejets dans l’environnement mais aussi la fabrication et la mise sur le marché qui ne sont que des émissions retardées vu la persistance de ces molécules. Une restriction universelle globale est la seule solution raisonnable”, déclare Kildine Le Proux de La Rivière, pharmacienne et chimiste chez Générations Futures.