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France Bleu
Puy-de-Dôme : la SNCF menace de suspendre la ligne de fret Volvic - Le Mont Dore
Article mis en ligne le 15 juillet 2020

La nouvelle est tombée en fin de semaine dernière. La ligne de fret entre Volvic et le Mont-Dore pourrait être suspendue. Elle rapporte peu et coûte cher à la SNCF, mais elle est essentielle pour la société des eaux du Mont-Dore et la commune.

Le maire du Mont-Dore, Sébastien Dubourg est doublement contrarié. "On a deux enjeux majeurs par rapport à cette voie ferrée. On a un aspect écologique, on prône l’écologie dans une commune comme la nôtre, où l’on soigne les maladies respiratoires et où on a un air pur pour le bien-être et les espaces. Si ça saute, on risque d’avoir beaucoup de camion sur nos routes." L’autre enjeu majeur est économique poursuit Sébastien Dubourg. "La SMDA (Sources du Mont-Dore en Auvergne) est la 2e source de recettes pour la commune, plus 55 emplois, donc c’est primordial pour nous. On va essayer de trouver des solutions pur la conserver. Je ferai le maximum pour confirmer cette voie ferrée au niveau de l’usine d’eau". (...)

40% de la production annuelle sur cette voie

Pour expliquer cette hypothèse de suspension, la SNCF met en avant des raisons de sécurité et assume de "hiérarchiser les chantiers". La priorité est donnée aux voies fréquentées. Mais les conséquences pourraient être lourdes pour la société des eaux du Mont-Dore qui transporte chaque année plus de 90.000 tonnes d’eau sur cette voie. Soit 40% de sa production annuelle. Le secrétaire général de la CGT des cheminots du Puy-de-Dôme, Charly Peillaud, est sur la même longueur d’onde que le maire du Mont-Dore. (...)

400.000 euros nécessaires pour des travaux urgents

Chaque année, la ligne rapporte 23.000 € à la SNCF, mais lui coûte 1,2 million d’euros en travaux de maintenance. Si elle trouve les 400.000 € nécessaires pour les travaux urgents, elle assure qu’elle maintiendra la ligne l’an prochain. (...)

L’attitude ambiguë de la SNCF

Il n’en demeure pas moins que la SNCF n’a pas montré de réelle volonté de maintenir cette ligne coûte que coûte. Elle a d’abord réduit la voilure pour les voyageurs, pour n’arriver qu’à un seul aller-retour par jour avant de fermer brutalement la ligne en novembre 2015. Le prétexte : le déshuntage des rames (l’absence de contact électrique) qui faisait "disparaître" les trains pour le système de signalisation. La SNCF a donc mis en place une restriction interdisant les trains composés d’une seule rame et expliqué qu’elle n’avait pas assez de matériel pour maintenir des trains sur cette ligne. Bizarrement, cette restriction n’existe qu’en Auvergne alors qu’ailleurs sur le réseaux, ce même type de rames peut circuler seule. (...)

Surtout, la SNCF s’était empressée de mettre hors service des installations, notamment en gare de La Bourboule, rendant très hypothétique un retour des trains de voyageurs. Les spécialistes avaient expliqué que les conditions de sécurité draconiennes pour faire circuler un train ne seraient pas respectées avec le seul train de fret des eaux du Mont-Dore : nous y sommes, avec le risque de voir cette ligne disparaître, une de plus. Et l’étape suivante sera l’amorce de la ligne, la section Clermont et Volvic, qui pourrait n’avoir qu’un sursis de quelques années.