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Mediapart
Les vœux hors-sol du candidat Macron
Article mis en ligne le 2 janvier 2022

Emmanuel Macron a présenté les derniers vœux du quinquennat en dressant un bilan rapide et embelli de son action politique. Malgré la pandémie, il a tenté de dessiner un paysage d’« optimisme » et de « tolérance » qui tranche avec celui qu’il propose depuis cinq ans.

Un énième point sur la situation sanitaire, un bilan dressé « à la cavalcade », une citation cachée de Marc Bloch et quelques poncifs dignes des plus belles chansons de la variété française. Emmanuel Macron a présenté vendredi soir ses traditionnels vœux pour l’année 2022 – les derniers du quinquennat – en proposant un pot-pourri de ses dernières allocutions.

Dans quelques semaines, le président de la République sera officiellement candidat à sa réélection. En attendant, il profite des derniers exercices que lui offre sa fonction pour peaufiner son entrée en campagne et vanter son action politique. « 2022 sera pour la France une année décisive, d’action encore et toujours », a-t-il insisté. (...)

Emmanuel Macron continue de dessiner une réalité parallèle. Il appelle à rester « unis, bienveillants, solidaires » et à « respecter nos différences », parle de « l’esprit de tolérance » et d’« une certaine idée de l’Homme », se dit « résolument optimiste pour l’année qui vient » et souhaite que l’on « reste du côté de la vie ». Des formules d’autant plus creuses qu’elles dissonent avec celles qui ont ponctué 2021.

Qu’a entendu la candidate La République en marche (LREM) aux départementales de l’Hérault, écartée parce qu’elle portait le voile, derrière l’expression « respecter nos différences » ? Qu’ont pensé les universitaires taxé·es d’« islamo-gauchistes » par leur ministre Frédérique Vidal en le voyant évoquer « une certaine idée de l’Homme » ? Qu’ont pensé les milliers de jeunes précaires en l’écoutant expliquer que « la France, malgré les épreuves, est plus forte aujourd’hui qu’il y a deux ans » ?

S’il a pris soin, campagne présidentielle oblige, de brasser tous les sujets, le chef de l’État a tout de même consacré l’essentiel de son propos à la crise sanitaire, en insistant sur « l’arme du vaccin et les acquis de notre expérience collective ». « Les devoirs valent avant les droits », a-t-il indiqué à l’attention des non-vaccinés, comme il l’avait fait devant des migrants sans-papiers en mai. (...)

en saluant les « mesures proportionnées » prises par son gouvernement ces derniers jours, alors même qu’elles constituent un risque immense pour les hôpitaux.

La deuxième partie de son allocution portait sur la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) qui démarre le 1er janvier pour un semestre. « Vous pouvez compter sur mon engagement total pour faire de ce moment […] un temps de progrès pour vous », a assuré le président de la République, en affichant de nouveau comme première priorité « la maîtrise de nos frontières ». (...)

Hormis ses soutiens qui ont logiquement applaudi leur champion, les vœux d’Emmanuel Macron ont déchaîné les critiques des oppositions, elles aussi en campagne. Toutes ont pointé l’« autosatisfaction » (...)