D’après une étude approuvée par la revue « The Lancet Planetary Health », 45 % des jeunes sondés dans dix pays affirment même que l’écoanxiété affecte leur vie quotidienne.
« J’ai grandi dans la peur de me noyer dans ma propre chambre. » Comme Mitzi Jonelle Tan, une défenseuse de l’environnement de 23 ans qui vit aux Philippines, un pays particulièrement exposé aux typhons et à l’élévation du niveau des mers, de plus en plus de jeunes sont profondément inquiets du changement climatique. Ils n’ont plus confiance en l’avenir, se sentent trahis, impuissants face à la crise environnementale et à l’inaction des gouvernements.
Voilà les conclusions de la plus vaste étude jamais réalisée sur l’anxiété climatique chez les jeunes, qui montre pour la première fois que la souffrance psychologique liée au climat est plus importante lorsque les individus jugent inadéquate la réponse des gouvernements. Ces travaux, dont les résultats ont été rendus publics mardi 14 septembre, viennent d’être validés en vue d’une publication dans le journal scientifique The Lancet Planetary Health. (...)
L’étude, menée par des chercheurs d’universités britanniques, américaines et finlandaise et financée par l’ONG Avaaz, s’appuie sur un sondage réalisé entre mai et juin par l’institut Kantar auprès de 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans dans dix pays, du Nord comme du Sud (Australie, Brésil, Etats-Unis, Finlande, France, Inde, Nigeria, Philippines, Portugal et Royaume-Uni). Avant de répondre, les participants n’étaient pas au courant du sujet de l’enquête.
L’écoanxiété plus forte dans les pays pauvres
Dans le détail, 59 % des jeunes sondés déclarent être « très » ou « extrêmement inquiets » du changement climatique, tandis que 45 % affirment que l’anxiété climatique affecte leur vie quotidienne de manière négative, qu’il s’agisse de dormir, de se nourrir, d’étudier, d’aller à l’école ou de s’amuser.