Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
France 24
Les "héros en blouses blanches" déçus par les négociations avec le gouvernement
Article mis en ligne le 15 juin 2020

Deux semaines après le début du "Ségur de la santé", des représentants des personnels soignants se disent déçus par les discussions actuelles avec l’exécutif. Il y a pour le moment une grande concertation, certes, mais pas de vraies négociations, selon eux. Le Ségur de la santé, censé remanier en profondeur le système de santé français, ne convainc pas pour le moment une partie des acteurs présents aux réunions depuis plus de deux semaines.

"Ce sont des réunions de discussions avec des ordres du jour qui ne correspondent pas à ce qu’on pourrait appeler des négociations", explique Christophe Prudhomme, médecin hospitalier et syndicaliste à la CGT, contacté par France 24. "Pour l’instant, le gouvernement ne met rien en face de nos revendications."

Le syndicat Sud Santé Sociaux ne dit pas autre chose, au point d’avoir "claqué la porte"du Ségur de la santé une semaine après son démarrage. "On était dans un cadre complètement différent de celui des négociations et qui ne servait en fait qu’à une opération de communication du gouvernement", estime Christophe Geffré, membre de la commission exécutive fédérale du syndicat, interrogé par France 24.

Le 9 juin, le Collectif inter-hôpitaux (CIH) – qui centralise depuis plusieurs mois les revendications des personnels hospitaliers – s’est aussi interrogé sur l’objectif poursuivi par le Ségur de la santé. Le CIH "s’inquiète" notamment, dans un communiqué, "de l’absence de transparence dans la conduite des travaux et de l’absence d’annonces chiffrées".

Mobilisation nationale et "rendez-vous" à la mi-juillet

L’absence d’annonces chiffrées, pour le moment, laisse "un goût amer" aux participants du Ségur interrogés par France 24. "Ce qu’il se passe actuellement, cela ne fait que décupler l’écœurement et la colère des hospitaliers, qui non seulement ont été sacrifiés, mais aujourd’hui sont épuisés", explique Christophe Geffré.

Les personnels soignants, qui "ne demandent pas une médaille" mais continuent de se mobiliser pour faire valoir leurs revendications, prévoient le 16 juin une journée d’action nationale qu’ils espèrent suivie par la population qui les a applaudis quotidiennement pendant plusieurs semaines. Le CIH, qui refuse le principe des "dons de congés payés aux soignants", a d’ailleurs appelé le 4 juin "les citoyens et usagers de l’hôpital public à poser un jour de RTT" le 16 juin pour soutenir leur mobilisation.

D’autres actions devraient suivre le 30 juin, puis le 14 juillet.

Le dénouement de ces promesses présidentielles est attendu à la mi-juillet.

"Aujourd’hui la réponse, c’est de continuer les travaux", précise-t-on au ministère des Solidarités et de la Santé. "Et à la conclusion du Ségur, nous serons au rendez-vous."