Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
cadtm
La sécurité sociale universelle en Inde : engagement ou tromperie ?
Le “World Social Security Report”, publié en 2010 par l’OIT |1|, a constaté l’état lamentable de la protection sociale pour les citoyens.
Article mis en ligne le 30 décembre 2015
dernière modification le 24 décembre 2015

les Indiens, particulièrement les pauvres et les marginalisés, souffrent d’un très haut degré de vulnérabilité par rapport à la pauvreté et aux pratiques laborales informelles. Le rapport, basé sur une étude comparative des soins médicaux, de l’assistance sociale, de la pension de retraite et du chômage, met en évidence le fait qu’en Inde ces mesures sont très modestes et n’atteignent pas la grande majorité de la population.

Malgré l’Article 41 des “Principes Directeurs” |2| - qui oblige l’État, “dans les limites de ses capacités économiques et de développement” à mettre en place les moyens permettant d’atteindre les droits au travail, à l’éducation et à l’assistance publique en cas de chômage, de vieillesse, de maladie et d’ handicap - le pays est loin d’instaurer la moindre protection sociale au niveau national. L’Article 42 exige aussi de l’État qu’il assure des conditions de travail justes et humaines, ainsi que les allocations de maternité.

Le pays a beau connaître de « hauts niveaux de croissance » |3| depuis deux décennies, les gouvernement successifs ont du mal à cacher le malaise que le modèle économique actuel produit et l’insécurité qu’il fait naître chez des millions de personnes. S’il est incontestable que l’essor du PIB a mis l’Inde sur le devant de la scène au niveau mondial, le modèle de croissance menée par un secteur de services informel est prédateur et tue la création d’emplois |4|. Par conséquent, cette période a été marquée par un taux élevé d’accumulation de la richesse par les capitalistes indiens qui sont devenus des acteurs globaux, d’un côté, et de la pauvreté et des inégalités |5| de l’autre.

Gains faibles, accès limité… de nombreuses questions : (...)

La plus grande disparité, et qui devrait s’amplifier, est celle de la protection des travailleurs pauvres. Un rapport |7| de NCEUS |8| a révélé que seuls 8% de la population active indienne bénéficie d’une sécurité sociale. 91% des travailleurs, soit 395 millions de personnes, font partie du secteur informel. Ces chiffres ont augmenté depuis, autant en termes absolus qu’en pourcentage de force de travail, pour atteindre 93,5%. (...)