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La dette de marché construit son ordre politique et social en même temps que son omnipotence
Benjamin Lemoine : L’ordre de la dette Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché La Découverte, Paris 2016, 304 pages
Article mis en ligne le 13 juin 2016
dernière modification le 9 juin 2016

Dans sa préface, justement titrée, « La fabrique d’une contrainte », André Orléan revient sur la « croissance ininterrompue » de la dette publique française depuis 1975 et l’accélération de cette dynamique avec la « crise des subprimes ».

Il insiste sur les argumentaires économiques qui paraissent impossibles à contredire, les soit-disantes vérités qui feraient que les analyses économiques échapperaient « aux conflits de valeurs et d’intérêts ». Le préfacier indique que ce livre met en cause l’évidence même de la dette.

Il nous rappelle que la forme de la dette publique – titres négociables vendus sur les marchés financiers internationaux – est le résultat « d’une volonté délibérée, d’un choix politique », d’un changement de doctrine du Trésor, du démantèlement d’un circuit de financement sans recours aux marchés. Changement de doctrine, travail de conviction néolibérale de hauts fonctionnaires, nouveau récit économique et nouvelle machinerie sociale…

André Orléan parle aussi du montant de la dette, « même le montant de la dette totale est sujet à caution », de la « dette sociale ». Il refuse de laisser aux économistes l’analyse des « faits économiques », rappelle qu’il n’existe pas de causalités mécaniques ni pour « les faits économiques », ni pour « les faits sociaux » et plaide pour une « union des sciences sociales »

Ce livre n’est ni celui d’un-e économiste, ni celui d’un-e comptable, mais d’un chercheur qui dans un langage, le plus souvent très accessible, nous raconte, en l’étayant, d’abord « une histoire oubliée » puis « une histoire à (re)prendre : la mise en marché de la dette » et enfin l’entrée de la dette dans le débat public. (...)