L’Académie des sciences des États-Unis a publié en mai 2016 un nouveau rapport qui affirme que les plantes génétiquement modifiées (PGM) ne présentent pas plus de risques environnementaux et pour la santé que les plantes conventionnelles. Une conclusion sans surprise si on regarde de près les financements et les membres des comités de surveillance (« board ») de cette Académie.
(...) Première remarque concernant ce travail : la comparaison est faite entre l’agriculture transgénique et l’agriculture conventionnelle, c’est-à-dire chimique. Le rapport établit l’absence de différences entre ces deux modes de production. Or, il aurait fallu comparer avec l’ensemble des modes agricoles, et notamment avec l’agriculture biologique et paysanne. En effet, l’agriculture transgénique n’est que la continuité paradigmatique de l’agriculture chimique et a besoin pour fonctionner d’utiliser des engrais azotés, des pesticides et des variétés issues d’une sélection hors-sol. Ainsi, étant donné la similitude entre ces agricultures, on peut concevoir que les impacts sanitaires et environnementaux de ces pratiques soient du même ordre.
L’Académie financée par l’industrie
Au-delà de cette remarque préliminaire - mais fondamentale pour bien voir que l’Académie ne se donne pas les moyens de regarder les impacts d’une agriculture hors-sol - il faut aussi noter que l’indépendance de l’Académie est toute relative.
Ainsi, dans le rapport financier pour l’année 2014 [3] de l’Académie nationale des Sciences, il est précisé que Dow Chemical et Monsanto ont donné entre un et cinq millions de dollars, et Basf et Bayer entre 1000 et 10 000 dollars. On trouve aussi le nom de nombreuses entreprises pharmaceutiques (comme AstraZeneca Pharmaceuticals, Eli Lilly, GlaxoSmithKline, ou Sanofi Aventis...), et de l’agro-alimentaire (comme Cargill, Coca-Cola, Pepsi Co et Nestlé). Enfin, notons l’apport financier de fondations connues pour leur soutien inconditionnel aux biotechnologies végétales et à la Révolution verte, comme les Fondations Rockefeller et Bill & Melinda Gates. (...)
L’industrie des biotechnologies joue un rôle important dans la production d’une littérature scientifique orientée. Elle finance des universitaires ou utilise ses propres salariés pour rédiger des études qui démontrent, cela va de soi, l’équivalence en substance des plantes GM ou non GM, l’absence de risque sanitaire et l’impact positif de ces plantes sur l’environnement.
Or le NRC et l’Académie ont tendance à baser l’entièreté de leurs conclusions sur ces études. (...)