Le sommet de l’Organisation mondiale du commerce s’est clôturé à Buenos Aires (Argentine) ce mercredi 13 décembre sans qu’aucun nouvel accord ne soit trouvé et sans même un texte diplomatique qui aurait pu sauver les apparences. Symptôme d’un monde où les antagonismes nationaux se percutent violemment et se substituent peu à peu à des négociations visant à déréguler l’économie mondiale, ce résultat nous impose d’intervenir pour éviter chacune de ces deux voies sans issues et emprunter un chemin de solidarité, de coopération et de relation pacifiée entre les sociétés et avec la planète.
Les États-Unis sont venus à Buenos Aires avec un agenda propre à faire dérailler ce qui pouvait encore rester du multilatéralisme qui avait présidé à la création de l’OMC. Il ne faut pas en être surpris, après la série d’actes posés dans le même sens concernant les négociations climatiques et l’accord de Paris ou encore l’Unesco. Il ne s’agit pas d’un repli commercial comme il est coutume de l’entendre mais de la volonté d’imposer violemment un autre ordre commercial et politique, autour d’un agenda structuré par « America First ». L’OMC n’est plus un espace de négociations feutrées, ayant l’apparence de la neutralité, mais un lieu d’affrontement explicite entre intérêts économiques et puissances politiques.
De son côté, l’Union européenne (UE) court toujours après son fantasme de construction d’un consensus multilatéral pour aller vers toujours plus de dérégulation globale en matière de commerce et d’investissement, au mépris des situations des peuples des pays du Sud et de la planète. (...)
l’UE désirait aussi donnait une légitimité politique aux négociations en cours pour un accord de libre-échange avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Les négociations, entamées il y a dix huit ans, ont été relancées au pas de charge depuis quelques mois dans la clandestinité. (...)
Du 8 au 13 décembre, un sommet des peuples, en marge des négociations, a été organisé pour donner la voie à toutes celles et ceux qui en sont privés à l’intérieur même de l’OMC – de nombreux délégués de la société civile ont été interdits d’accéder en Argentine et/ou à l’OMC. Pour Christophe Aguiton, ce sommet a été « un moment fort pour penser une solidarité à l’échelle globale, soucieuse d’une autre relation à la Terre, et passant par des expériences coordonnées de relocalisation et de déglobalisation des sociétés ».