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"Il faut se préparer à d’autres pandémies" : Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontières, tire les leçons de la crise du coronavirus
Article mis en ligne le 9 juillet 2020

Pour réfléchir à la crise du Covid-19 et à la période qui lui succédera , franceinfo donne la parole à des intellectuels, experts et activistes. Pour ce quatrième épisode, nous avons interrogé le médecin Rony Brauman sur la gestion de la crise sanitaire et les leçons à en tirer.

En évoquant son parcours, Rony Brauman glisse une note de modestie. Le médecin, âgé de 69 ans, n’ose pas se présenter comme "spécialiste" de l’épidémiologie. Plutôt comme un homme connaissant bien les épidémies, de par sa formation et son expérience de terrain. Pendant douze ans, de 1982 à 1994, ce fin connaisseur des maladies tropicales a présidé l’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF). Il est aujourd’hui directeur d’études au sein du Centre de réflexion sur les actions et savoirs humanitaires (Crash) de MSF.

L’auteur de plusieurs ouvrages, dont récemment Guerres humanitaires ? Mensonges et intox (éd. Textuel), a observé finement la pandémie de Covid-19, dans des conditions inédites de confinement. (...)

Le médecin dresse un premier bilan des plans de lutte contre ce virus et appelle à une refondation de la gestion mondiale des questions de santé, à travers un rôle renforcé de l’OMS.

Dès que le confinement a été prononcé, nous avons vu que les conséquences économiques seraient très lourdes sur le travail des gens, sur leurs revenus et leur mobilité. Nous les constatons évidemment de façon très forte aujourd’hui. Avec le sort des gens qui étaient frappés, pour certains durement frappés, c’est cela qui en quelque sorte me réveillait la nuit. Cela me rendait très inquiet. (...)

Je manque de certitudes concernant l’épidémie, sa cinétique et les conditions de son évolution. Cela est lié aux constatations changeantes, aux vérités d’un moment qui, la semaine suivante, sont périmées. Nous avions l’impression d’un déclin global de l’épidémie il y a encore une semaine. Cette impression est aujourd’hui mise en question par des évolutions préoccupantes dans plusieurs pays africains, en Amérique latine, en Amérique du Nord et tout récemment en Asie, en particulier en Chine.

La question de savoir si cette épidémie est saisonnière, si elle va céder avec l’arrivée des beaux jours ; la question de savoir si la masse critique d’immunité collective va être atteinte, et donc permettre d’atteindre un niveau de protection complété par le vaccin... Tout cela reste très incertain.

Je vois une progression préoccupante en Afrique en particulier, du fait du voisinage de notre pays avec le continent africain. Cette progression est hétérogène, comme c’était le cas en Europe et comme c’est le cas partout dans le monde. Certains pays sont plus touchés que d’autres, et certaines régions sont plus touchées que d’autres dans un même pays (...)

Un point important est que cette épidémie peut être jugulée. Plusieurs pays l’ont montré : la Nouvelle-Zélande, Taïwan, la Corée du Sud... Cette épidémie peut être jugulée dans sa phase précoce, quand les premiers cas commencent à se développer. On peut alors diagnostiquer cliniquement ou biologiquement ces cas, tracer des contacts, procéder à l’isolement et imposer – ou proposer plutôt – des mesures barrières, de distance physique et de protection individuelle. Nous ne sommes donc pas totalement démunis. Nous avons des moyens de diagnostic, de surveillance et une stratégie de réaction qui a montré une certaine efficacité, mais dans des circonstances particulières. Quand l’épidémie flambe, nous sommes alors réduits à une position défensive – soigner le mieux possible les malades les plus graves – et, grâce aux mesures de distanciation, espérer un déclin aussi rapide que possible de l’épidémie. Or, le soin aux malades n’est pas toujours possible. Dans de nombreux pays, les systèmes de santé sont insuffisants et le soin ne peut être garanti. Dans ces cas-là, nous pouvons nous attendre à une surmortalité relativement importante.

J’insiste sur le fait que nous savons peu de choses. (...)

il faut noter un signe encourageant pour l’avenir. Le savoir a progressé d’une manière fulgurante lors de cette épidémie. (...)

Ce nouveau virus a été identifié, séquencé en l’espace de quelques semaines. Quand j’étais encore jeune médecin, il fallait plusieurs années pour identifier des virus. Aujourd’hui, le délai de diagnostic se compte en semaines, et des possibilités de proposer des tests sont apparues très rapidement, même s’il fallait un peu de temps pour tester leur fiabilité. (...)

Parmi les réponses aux épidémies figure le soutien à la recherche, tous azimuts. Il ne faut pas se contenter de développer des lits d’hôpitaux et de réanimation, de penser aux respirateurs la prochaine fois. Il ne faut pas préparer la prochaine pandémie avec les armes de la dernière, car elles ne sont pas forcément les mêmes. En revanche, nous avons besoin de connaissances fondamentales pour comprendre les modalités d’apparition et de diffusion d’une épidémie. Ces connaissances relèvent d’une multitude de savoirs devant être croisés. (...)

Jusqu’aux années 1970, nous avons cru que les maladies infectieuses étaient un problème résolu. La question était devenue résiduelle avec les progrès de la vaccination et de l’hygiène, mais aussi de l’habitat et de l’antibiothérapie (...)
Les maladies infectieuses étaient une question appartenant pour l’essentiel à l’Histoire. Quelques problèmes subsistaient, mais nous en viendrions à bout. (...)

Des épidémies sont passées relativement inaperçues, car cantonnées à des foyers ou avec des quantités relativement retenues. Avec l’épidémie de Covid-19, le monde entier a été saisi d’effroi, le monde entier a été frappé. La moitié de l’humanité a été littéralement bloquée dans ses activités quotidiennes. Cette prise de conscience majeure est sans précédent. (...)

Je compte sur cette prise de conscience globale, au sens le plus fort du terme, pour stimuler le progrès de la connaissance dans tous les domaines pertinents. Pas simplement, même si cela est très important, le progrès ou le renforcement des systèmes de santé. (...)

Une forme de pneumopathie sévère, de syndrome pulmonaire extrêmement pénible et à la forme clinique et radiologique particulière, a été détecté très tôt par des médecins chinois. Ces derniers ont donc lancé des alertes. C’est alors que survient un facteur politique, et la politique n’est jamais loin lorsque l’on parle d’épidémie. Cela a été le fait de ne pas diffuser de mauvaises nouvelles à des moments-clé. (...)

Le facteur est peut-être moins politique que de l’ordre du fonctionnement bureaucratique, psychologique. Les mauvaises nouvelles doivent être annoncées par d’autres, car le messager de la mauvaise nouvelle risque d’être mis en danger. Et ce phénomène n’est pas cantonné aux pays totalitaires ou dictatoriaux comme la Chine. (...)

Ces alertes ont été neutralisées par la hiérarchie, ou par anticipation de la réaction de la hiérarchie. Les premiers médecins ayant lancé des alertes ont été sanctionnés par le pouvoir chinois. Ces craintes ne sont pas infondées, elles avaient de la substance.

C’est ainsi que l’épidémie a commencé à se répandre dans la ville de Wuhan et dans la province avoisinante. Wuhan étant une mégapole industrielle, en relation avec de très nombreux autres pays, l’épidémie a diffusé. La modernité apporte la rapidité des voyages. (...)

De proches en proches, comme toute épidémie, avec des sauts ou dans la continuité, le virus s’est répandu.

Il s’est répandu tout de suite, par un mécanisme que l’on a identifié assez rapidement : des phénomènes de nœud, des populations qui ont servi de foyers d’hyper-transmission. En France, cela a été cette réunion évangélique à Mulhouse en février qui a disséminé l’épidémie en Bretagne, en Corse, mais également dans les territoires d’outre-mer (...)

L’événement était prédit mais pas prévu : sa survenue ne faisait aucun doute, mais les conditions et le moment de sa survenue, eux, n’étaient évidemment pas prédits. C’est là qu’il faut se garder d’une intelligence rétrospective qui est mauvaise conseillère, qui est trop facile.

Nous avons devant nous d’autres risques pandémiques, d’où l’importance de s’y préparer et de les analyser de manière sérieuse et rigoureuse. Nous n’avons pas encore de recul sur cette pandémie. Il faudra sûrement encore un an ou deux, au moins, pour déterminer sérieusement si les hypothèses que l’on a maintenant sont vérifiées. (...)

une chose est absolument sûre. Avec le changement climatique, la croissance démographique et urbaine, l’élevage et l’agriculture intensifs, nous aurons d’autres pandémies et il s’agit de s’y préparer. (...)

C’est sans doute la raison pour laquelle cette épidémie est particulièrement intéressante et importante. Il faut que le choc global qu’elle a provoqué, à moindres frais d’une certaine manière du point de vue de la létalité mais à grands frais du point de vue de la récession économique, soit un signal d’alarme. (...)

la Corée du Sud fait partie de ces pays ayant riposté de façon précoce et efficace face à l’épidémie. Cela est dû notamment à un état de préparation collective et scientifique, en lien avec l’épidémie de Sras qui les a frappés entre 2003 et 2004. C’est également le cas pour Taïwan. On en parle très peu en tant que modèle, alors que sa réponse a été encore plus précoce et plus efficace qu’en Corée du Sud. (...)

La Nouvelle-Zélande a également jugulé très précocement son épidémie. Taïwan est un exemple intéressant. Du fait de rapports très étroits avec la Chine continentale – en dépit de la tension politique qui existe –, Taïwan a très vite compris qu’il y avait un problème que les autorités chinoises, locales et nationales, allaient probablement masquer et qu’il s’agissait d’un problème sérieux. Il s’agit d’un gage de son utilité politique mais également de ses capacités scientifiques. Et pourtant, personne ne parle de Taïwan, car Taïwan n’est pas membre de l’OMS et que la Chine – qui y occupe une place importante – a tout fait pour étouffer sa voix. (...)

Nous devons d’ailleurs parler de la mise en question, bruyante et tonitruante, de l’OMS par le président des Etats-Unis. Mais sur ce point, Donald Trump n’avait pas tort : la manière dont l’OMS a décerné un brevet de bonne conduite avec insistance aux autorités nationales chinoises était pour le moins inappropriée, voire choquante. Le fait [pour les Etats-Unis] de vouloir se retirer de l’OMS, de vouloir sanctionner tous azimuts, est irresponsable et tout aussi choquant. (...)

Nous avons toutefois vu le niveau auquel la population sud-coréenne et plusieurs populations asiatiques portaient des masques. Ils ont des vertus essentielles. Le masque, c’est mieux que rien pour la protection individuelle et bien mieux que rien pour la protection collective. Cette dimension altruiste et de courtoisie civique dans le port du masque a été rapidement adoptée en Asie de l’Est. Elle prend plus de temps ici. (...)

Néanmoins, je pense aussi au caractère volatil de notre mémoire à tous. L’exemple le plus frappant est celui de l’épidémie de 1918-1919 : même au sein de la génération qui a été frappée, cette épidémie s’est effacée très vite. (...)

Deux erreurs ont été commises précocement par les autorités politiques françaises. Elles ont transformé un Conseil des ministres spécial, qui portait sur ce risque épidémique, en un Conseil sur la réforme des retraites [en y adoptant l’article 49.3]. Lorsqu’il y a un tel dévoiement d’une institution politique destinée à un objectif vers un autre objectif, cela ébranle une confiance déjà très faible, du fait d’une succession de crises ces dernières années. Il s’agit pour moi d’une erreur majeure. (...)

Ce crédit est essentiel, car il permet de proposer des changements de comportement toujours très difficiles à adopter. Si une autorité crédible propose ces changements, la population peut se convaincre de son importance. (...)

Ce crédit, il fallait absolument le construire, voire le reconstruire [en France].

Il a été de nouveau mis à mal lors d’un deuxième épisode : le discours officiel sur les masques et les tests. Les autorités se défendent aujourd’hui, en disant qu’il y avait des controverses scientifiques sur les masques. C’est vrai, ce n’est pas inventé. La controverse scientifique portait néanmoins sur l’absence de preuves tangibles, scientifiquement vérifiables, de l’efficacité protectrice des masques. L’OMS, instance scientifique de référence, avait déclaré cela. Et en effet, aujourd’hui encore, nous n’avons pas de certitudes concernant les masques. Mais un certain degré de bon sens aurait permis de penser que cette mesure avait sa validité. C’est une protection en plus. Le masque est aussi le signal visible que l’épidémie est présente, dans la conscience de chacun. Et il incite à adopter d’autres mesures probablement plus importantes, celles de la distanciation physique.

L’affirmation selon laquelle les masques ne servaient à rien était péremptoire. Elle aurait dû être assortie de cette réserve : ils ne servent à rien dans l’état actuel de la science, mais ils peuvent avoir leur utilité. A défaut d’en être certains, proposons de rattraper notre retard en production de masques, appelons la population à en produire. (...)

Il en va de même pour les tests. A un moment où l’épidémie commençait déjà à prendre une ampleur importante, ils n’avaient peut-être pas l’importance stratégique qu’on leur donnait, mais ils permettaient de déceler rapidement des cas dans des régions moins frappées : c’est là qu’ils prennent toute leur importance. Ils permettent de voir comment le virus s’est diffusé, y compris chez les asymptomatiques. Ils donnent ainsi une idée de la dynamique de l’épidémie. (...)

Au lieu d’annoncer que l’on allait travailler dur pour fabriquer des tests fiables, suffisamment spécifiques et sensibles, on a déclaré à l’emporte-pièce qu’ils ne servaient à rien. Et aujourd’hui, nous voulons monter à des centaines de milliers de tests par semaine ! (...)

La Suède a eu de bons résultats comparés à la France, mais ils sont bien moins bons que celui de ses voisins. En Norvège, où le confinement a été décidé, la mortalité est bien inférieure à celle de la Suède. Dans un an, nous y verrons peut-être plus clair sur les mérites comparés du confinement autoritaire par rapport au confinement relatif ou localisé, ou par rapport au non-confinement, au simple respect des gestes barrières. A ce stade, rien n’est certain. (...)

Aurait-on plus de chances si l’on avait commencé ce confinement début mars ? Sans doute. Selon moi, c’est la question du dépistage et du traçage précoce qui est à rediscuter, plutôt que celle du confinement. Le confinement se justifiait en l’absence de possibilités de dépistage et de traçage précoce. Aurait-il dû prendre place le 10 mars ou avant ? La suite permettra de le dire. (...)

En matière de réponse aux épidémies, une certaine admiration est professée pour l’autoritarisme et les vertus des régimes verticaux, autoritaires – et ce par un assez grand nombre de gens. Ces régimes seraient plus à même de mettre en ordre leur société, d’imposer des mesures strictes et ainsi d’imposer l’ordre qui convient face à ces épidémies. C’est une vision très hémiplégique de la situation. Tout d’abord, cela suppose que les ordres donnés sont respectés. Or, un régime autoritaire connaît beaucoup de voies d’échappement de ces ordres. Et cela néglige les effets induits de l’autoritarisme, qui sont la peur de déclarer un problème. Or, c’est précisément la confiance dans la réaction des autorités face au surgissement d’un problème qui permet de poursuivre de façon constructive le traitement de ce problème. (...)

l’OMS a réagi tardivement et la meilleure preuve de cela, c’est que Taïwan a réagi dès le 31 décembre ! Il y avait une conscience de cette épidémie, et de ce qui se passait de façon politique ou bureaucratique en Chine. Il s’agissait de problèmes sérieux ayant des conséquences, et que l’on devait commencer à endiguer. (...)

La question de l’indépendance de déclaration de l’OMS est absolument primordiale, afin de restaurer la confiance en cette organisation. Il faut voir dans quelle contradiction elle se trouve. Comme toute agence des Nations unies, elle ne peut pas s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays, l’un des principes fondateurs des Nations unies étant celui de la non-ingérence. Par ailleurs, le règlement sanitaire international – signé par tous les pays après l’épidémie de Sras – dit que l’OMS a un droit reconnu de lancer une alerte, de dénoncer publiquement des manquements face à une menace épidémique. (...)

Plutôt que de détruire l’OMS ou de l’affaiblir, il faut lui donner les moyens d’exercer pleinement son mandat, et notamment d’agir conformément au règlement sanitaire international. Cela suppose que les Etats membres de l’OMS assument cette responsabilité. On peut considérer que le directeur général actuel, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a un passé qui ne plaide pas en sa faveur : quand il était ministre de la Santé en Ethiopie, il a lui-même dissimulé deux épidémies de choléra. Ce n’est donc pas une personnalité marquée par une exigence de transparence. Il ne faut toutefois pas trop personnaliser cette question. (...)

Le choc provoqué par cette peur mondialement partagée pourrait être salutaire. Ce problème demande qu’il y ait une réforme des pratiques, au-delà même de réformes institutionnelles également nécessaires. Je pense par exemple au financement de l’OMS, qui est insuffisant. L’organisation n’avait plus aucun spécialiste du coronavirus car la position de recherche sur ces virus avait été supprimée, pour cause de restrictions budgétaires.

(...)
Il faut commencer par critiquer l’emprise politique et économique s’exerçant sur l’OMS. C’est peut-être mon réflexe de médecin, mais pour résoudre un problème, il faut arriver à l’identifier, il faut poser un diagnostic. La complaisance avec laquelle l’OMS laisse des gouvernements dissimuler des situations épidémiques préoccupantes, non seulement pour la population du pays, mais pour les voisins et le reste du monde, est coupable. Il faut absolument l’épingler. (...)

Le poids politique exercé par certains pays dans certaines situations doit être mis en lumière, de façon à ce que le coût politique d’une dissimulation soit plus grand. Il en va de même pour le poids exercé par certaines forces économiques. L’industrie pharmaceutique et l’industrie agroalimentaire, dont on connaît l’importance du point de vue des répercussions sanitaires, sont extrêmement présentes au sein de l’OMS.

(...)
L’avenir, je le vois en général imprévisible. Je constate que tout ce qui a été prévu d’important ne s’est pas passé, et tout ce qu’il s’est passé d’important n’avait pas été prévu. Cette épidémie n’avait pas été prévue, mais elle avait été prédite. Il y en aura d’autres. (...)

Il y a donc une distance très longue entre l’appréciation du risque et la confrontation avec l’événement. Regardons le risque majeur aujourd’hui, celui qu’à peu près tout le monde connaît à l’exception de Donald Trump, de Jair Bolsonaro et de quelques autres figures déprimantes : le risque climatique. Force est de constater que bien peu de choses sont faites pour s’y préparer, pour le conjurer et le combattre. C’est la note un peu désenchantée ou pessimiste que j’ajoute.

Ce sont aussi des mobilisations. A l’heure où nous nous parlons, des manifestations ont lieu pour l’amélioration du système de santé et de la condition des soignants. Les décisions politiques se jouent aussi dans les rapports de force sociaux, et pas uniquement de haut en bas. C’est dans cette rétroaction sociale, dans cette capacité des sociétés à peser sur leur pouvoir, que va se jouer l’avenir. Serons-nous à la hauteur de tout cela ? Je n’en sais rien, mais je le souhaite et espère y contribuer à ma façon.