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Marie-Claude Saliceti
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Amnesty International
Frédéric Vuillaume, un manifestant victime d’un acharnement judiciaire
Article mis en ligne le 11 mai 2021

Frédéric Vuillaume, syndicaliste de longue date, subit un harcèlement continu de la part des forces de police et des autorités judiciaires françaises. Et cela, depuis deux ans. Récit.

Frédéric Vuillaume a 49 ans. Il habite à Besançon où il est agent d’entretien dans un lycée depuis plus de 20 ans. En plus de son activité professionnelle, il est un militant de longue date, syndiqué à Force Ouvrière. Ce père de famille n’avait jamais eu à faire à la police ni à la justice avant de s’impliquer dans le mouvement des Gilets Jaunes. 

Sa participation pacifique au mouvement a donné lieu à de nombreuses gardes à vue, arrestations, amendes et poursuites en justice. Son histoire est emblématique du harcèlement dont certains manifestants pacifiques peuvent faire l’objet en France.  

CHRONOLOGIE D’UN ACHARNEMENT - deux ans, sept gardes à vue (...)

IL RISQUE UN AN DE PRISON ET 15.000 EUROS D’AMENDE 

Deux ans de harcèlement. L’acharnement se poursuit : Frédéric Vuillaume est maintenant poursuivi pour sa participation à une manifestation contre la proposition de loi «  Sécurité Globale ».  

C’était le 5 décembre à Dijon. Au moment de quitter le rassemblement, il a demandé son chemin à la police. C’est là qu’il a été arrêté. Il passera 44 heures en garde à vue et sera accusé du délit d’«  attroupement  ». 

La loi autorise les forces de l’ordre à disperser un rassemblement susceptible de troubler l’ordre public (attroupement) après deux sommations. Les manifestants qui ne se dispersent pas suite à ces sommations peuvent voir leur responsabilité pénale engagée. Cette loi est utilisée de façon abusive et disproportionnée. Le 5 décembre, Frédéric Vuillaume manifestait de façon pacifique. Il risque aujourd’hui jusqu’à un an de prison et 15.000 euros d’amende.  

DES VIOLENCES CACHÉES MAIS BIEN RÉELLES  (...)

« Aujourd’hui en France, manifester, revendiquer deviennent des délits et j’en suis malheureusement un exemple bien vivant. J’ai bientôt 50 ans et je n’avais jamais fait de garde à vue, je n’avais jamais eu de procès. »
Frédéric Vuillaume
(...)

FRÉDERIC, VISAGE DE LA CRIMINALISATION DES MANIFESTANTS 

Le cas de Frédéric Vuillaume est emblématique de la criminalisation dont sont victimes des milliers de manifestants et manifestantes. Alors que la France a une longue tradition de mobilisations pour les changements sociaux, le fait qu’elle en vienne à criminaliser les manifestants de cette manière envoie un signal clair, préjudiciable à nos libertés : à ce rythme, des personnes pourraient être dissuadées de participer à des manifestations. (...)