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Chez Ubisoft, une grève contre les « méthodes trumpiennes » de la direction
#Ubisoft #greve
Article mis en ligne le 11 février 2026
dernière modification le 10 février 2026

L’ensemble des syndicats d’Ubisoft appelle à trois jours de grève. En cause : des dizaines de suppressions de poste, une modification imposée des conditions de travail et la crainte d’une vente à la découpe du pionnier français des jeux vidéos.

« Ce sont des méthodes trumpiennes », dénonce Pierre-Etienne Marx, directeur technique « narration » chez Ubisoft, en charge du scénario des jeux, et militant au STJV (Syndicats des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo). Le 21 janvier en fin de journée, Yves Guillemot, PDG et cofondateur d’Ubisoft, annonce par mail un plan d’économies de 200 millions d’euros sur les deux prochaines années. Quelques jours plus tard, la direction de l’entreprise, pionnière du jeu vidéo en France, chiffre le coût humain de la mesure : 200 suppression de postes sur les 1100 que comptent le siège de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Elles devraient se faire via des ruptures conventionnelles collectives.. (...)

« Plutôt que d’assumer financièrement des licenciements, on préfère nous pousser vers la sortie en rendant nos conditions de travail insupportables », écrit l’intersyndicale d’Ubisoft Paris. En clair, du côté de la direction, il s’agirait d’éviter des licenciements économiques – synonymes d’un plan social potentiellement coûteux – et de miser sur la fin du télétravail pour pousser les salariés mécontents à signer individuellement une rupture conventionnelle. (...)

En 2025, Ubisoft a trop peu vendu ses nouveaux jeux comme Star Wars Outlaw ou Assassin’s Creed Shadows.

La direction souhaite un « recentrage », notamment sur la création de « jeux d’aventure en monde ouvert », confie-t-elle dans un communiqué du 21 janvier. En attendant, elle a arrêté le développement de six de ces jeux (...)

La créativité des salariés étouffée

Pour mettre fin aux échecs commerciaux, les syndicats revendiquent de leur côté remettre les producteurs de jeux vidéo au centre du processus créatif. Alexis* acquiesce : « Quand on commence à travailler sur un nouveau jeu, on part avec beaucoup d’enthousiasme. On pense à plein de nouvelles fonctionnalités. Mais tout ce qui est novateur est peu à peu tué pour des raisons budgétaires et on finit par sortir globalement le même jeu qu’avant. » (...)

Confronté à cet arbitraire patronal, les syndicats de l’industrie du jeu vidéo tentent de se structurer depuis plusieurs années pour peser. Le STJV a atteint les 1000 adhérents en 2025 – sur 10 000 à 14 000 travailleurs du jeu vidéo en France – et a lancé sa première grève nationale la même année. (...)