La générosité des entreprises françaises envers leurs actionnaires s’explique, non par la croissance des profits, mais par… une conjoncture difficile.
Les entreprises françaises sont plus généreuses que l’an dernier avec leurs actionnaires. Alors qu’elles paient traditionnellement 75 % de leurs dividendes au deuxième trimestre, la société de gestion britannique Henderson a calculé que les sommes qu’elles ont versées sur cette période ont bondi de 12,4 % par rapport au deuxième trimestre 2015, pour atteindre 35,3 milliards d’euros. Cela fait de la France l’un des pays d’Europe où la croissance des dividendes a été la plus forte au dernier trimestre, après les Pays-Bas.
« Quasiment neuf sociétés sur dix parmi celles retenues pour l’étude ont maintenu ou augmenté leurs dividendes », relève le gestionnaire. Une générosité qui s’explique, non par la croissance des profits, mais par… une conjoncture difficile. « Les entreprises ont bien compris que les investisseurs, pénalisés par des taux d’intérêt très faibles, étaient friands de rendement : un bon dividende les attire plus qu’avant et est un fort soutien pour le cours de Bourse », analyse Roberto Magnatantini, responsable des actions mondiales chez Syz Asset Management. D’où la tentation de distribuer une part de plus en plus importante des bénéfices, « d’autant que dans un monde de croissance faible et de grande incertitude, les entreprises ont moins d’opportunités pour investir », relève le gestionnaire de Syz. (...)