Les « précurseurs » en question, choisis parmi d’autres, sont trois hommes. Un potier de Bagdad un peu alchimiste, qui jouait vers 800 (ap.J.C.) avec le feu, à transformer du cuivre ou de l’argent en or. Un facétieux cordonnier de Bologne, qui exhibait vers 1600 une « éponge de lumière ». Et ce qu’il est convenu d’appeler à Paris un « savant » qui jouait, vers 1660, avec des diamants.
Ce faisant, tous trois vécurent dangereusement en regard des règles de leur temps, religieuses surtout. Ils sont connus des historiens des sciences, en raison de leur sens de l’observation et de leur goût pour l’expérimentation. Ce que l’on n’a pas suffisamment souligné, ou simplement perçu, c’est l’extrême modernité de leur démarche. Celle du « savant » par exemple. Bien qu’il ne disposât d’aucun des concepts et acquis de la Physique actuelle, il fit preuve d’une géniale intuition dans l’interprétation d’un étrange phénomène. Son propos renvoie en effet de manière troublante à rien de moins que la Physique quantique... Le « dialogue », émouvant et imprévu, établi avec chacun d’eux a consisté à reprendre et prolonger leurs travaux, notamment en « s’approchant » de Bagdad, en voyageant à Bologne et en étudiant des diamants afin de recréer l’étrange phénomène remarqué… Ce long cheminement à leur côté amène à considérer que leur sagacité fut extrême. D’une certaine manière, on peut les inscrire parmi les précurseurs du temps des Lumières et au-delà, de l’émergence de la Physique moderne, aux XlXe et XXe siècle.
Max SCHVOERER
Membre de l’Académie Européenne des Sciences et des Arts (Salzburg, Austria)
Président de l’association "Sciences et Patrimoine (PACT)"
Physicien, professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne
Organisation et animation
Bernard Conte
Économiste – Les Afriques dans le monde (LAM) – SciencesPo Bordeaux