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le Parisien
Covid-19 : le rapport choc des pompiers sur la gestion de la pandémie
Article mis en ligne le 5 juillet 2020

Dans un rapport interne que nous dévoilons en exclusivité, les soldats du feu regrettent de n’avoir été plus mis à contribution face au virus, et fustigent une gestion trop centralisée et inefficace.

D’ordinaire les pompiers ne soufflent pas sur les braises. Mais leur retour d’expérience (Retex) sur la crise du coronavirus est rédigé au lance-flammes. Dans la synthèse que Le Parisien - Aujourd’hui-en-France s’est procurée avant sa transmission au ministère de l’Intérieur, la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France dresse un constat très critique de la gestion de la pandémie.

Visées au premier chef, les structures administratives du ministère de la Santé « lourdes et rigides », les agences régionales de santé (ARS) et le Samu. Sollicité le colonel Grégory Allione, président la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, confie qu’il s’agit d’un document de travail qui n’était pas destiné « à fuiter dans la presse ». Pour autant, il confirme le sentiment « d’un sous-emploi et d’une absence de prise en compte des capacités opérationnelles » de ses collègues au plus fort de la crise. (...)

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Les pompiers dénoncent leur sous-mobilisation pendant la crise du Covid

”Là le mot d’ordre c’était tout sauf les pompiers”. À l’inverse des soignants dans les hôpitaux en “première ligne” pendant le pire de l’épidémie de coronavirus, les pompiers déplorent eux d’avoir été sous-mobilisés, dans un rapport sur la gestion de la crise à destination du ministère de l’Intérieur. (...)

“Nous sommes rompus à la gestion de tous les événements. On a fait face à l’H1N1, à la grippe aviaire, aux accidents industriels, aux attentats… À chaque fois, on s’adapte, et là le mot d’ordre c’était tout sauf les pompiers”, confirme au Parisien le colonel Grégory Allione, président la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. (...)

Une crise “du leadership de communication”

Car pour les pompiers, de nombreuses erreurs stratégiques ont été commises, à commencer par la multiplication des superviseurs de la crise : le ministère de la Santé dans un premier temps, puis celui de l’Intérieur ensuite, qui n’ont pas assez écouté les remontées des terrains, à savoir, les préfets.

“Les événements ont été administrés plus que gérés conduisant à privilégier le contrôle sur la prise d’initiatives et de responsabilités des acteurs de terrain”, ponte le rapport. “Plutôt qu’une crise sanitaire, cette crise a surtout été celle du leadership de la communication.”

Parmi les autres points faibles, les pompiers évoquent également le renvoi des appels liés au coronavirus sur le numéro unique du 15, devenu “un numéro de renseignement, pas d’un numéro d’urgence” et le manque de mobilisation des cliniques privées (qui avaient elles-mêmes demandé à être réquisitionnées). ”Était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d’en face ?”, s’insurgent les pompiers, très critiques vis-à-vis des évacuations par TGV. (...)