Le Premier ministre français a annoncé, lors de la conférence internationale sur l’investissement à Tunis les 29 et 30 novembre 2016, la décision de son gouvernement de convertir une partie de la dette de la Tunisie en investissements ; soit 1 milliard d’euros d’ici 2020, à raison de 250 millions d’euros par an. Quelques jours plus tard, le Premier ministre belge lui emboîtait le pas en annonçant une mesure similaire portant sur 3 millions d’euros de dettes tunisiennes.
Au moment où la Tunisie peine à remettre son économie sur les rails alimentant ainsi la colère sociale et menaçant la fragile stabilité du pays ; fait face à la plus grave crise de son histoire de ses finances publiques ; connait une crise aigüe de la dette avec notamment un premier défaut de paiement sur un prêt qatari d’un demi-milliard de dollars, ces conversions présentées à tort comme un geste de solidarité vont accentuer la dépendance de la Tunisie et sa soumission aux créanciers et à leurs multinationales.
En position de force devant un gouvernement tunisien qui a perdu sa souveraineté, ce sont les créanciers français et belge qui décideront des projets d’investissement au bénéfice de leurs entreprises.
A travers ce mécanisme de conversion, la France et la Belgique veulent également « blanchir » les dettes odieuses contractées par le régime de Ben Ali qui a été soutenu par les créanciers internationaux dont la France et la Belgique. (...)