En Tunisie, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Tunis, hier mercredi, en soutien à la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Cette association historique a été suspendue pour un mois par les autorités fin avril. Mardi, l’ONG Avocats sans frontières annonçait aussi une notification de suspension des activités.
Devant le tribunal, les slogans expriment la colère et le ras le bol. La Ligue tunisienne des droits de l’homme est venue pour le recours en justice contre sa suspension par les autorités, du jamais vu en cinquante ans d’existence de cette association selon Mongi Souab, ancien membre de la Ligue. (...)
Les autorités justifient cette mesure de suspension par le fait que la LTDH aurait dépassé la date limite fixée pour la tenue de son assemblée générale ordinaire. Mais elle a été aussi privée ces derniers mois d’accès à des lieux de détention alors qu’elle y est autorisée depuis 2015 comme le rappelle un communiqué de la Fédération internationale des droits de l’homme. (...)
Les associations dans le viseur des autorités (...)
Depuis la fin 2025, près d’une trentaine d’associations ont vu leurs activités suspendues pour un mois en Tunisie, et 600 font l’objet d’enquête. (...)
La LTDH, outre son ancrage historique, a joué un rôle important en 2014 lors d’une des crises politiques post-révolution, elle avait fait partie du quartet d’organisations qui avait poussé vers une sortie de crise, lauréat du prix Nobel de la paix en 2015. (...)
L’Union européenne, via une déclaration de son porte parole, le 30 avril, a exprimé une profonde préoccupation suite à la décision de cette suspension. Plusieurs associations telles que l’Ordre des avocats, l’Association des magistrats ou encore la centrale syndicale l’UGTT ont dénoncé une atteinte à la liberté associative.
Dans la foulée de du gel des activités de la LTDH, l’ONG Avocats sans frontières a publié un communiqué dans lequel elle condamne sa propre suspension annoncée cette semaine. (...)
« Il faut continuer le combat »
Mercredi, la justice a finalement reporté l’examen du recours mais pour Tahar Chekrouche, membre de la LTDH, il faut continuer le combat (...)