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Marie-Claude Saliceti
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Démocratie en danger : Barcelone fait entendre la voix des opposant.e.s à l’extrême droite
Article mis en ligne le 1er mai 2026
dernière modification le 28 avril 2026

Alors que l’extrême droite européenne occupait largement l’espace médiatique avec son propre rassemblement organisé à la même période, la rencontre des 17 et 18 avril à Barcelone, réunissant plusieurs figures de la gauche progressiste mondiale autour de la défense de la démocratie, est restée étonnamment marginale dans la presse française. Cet article revient sur ce sommet, ses enjeux et les forces politiques qu’il a mobilisées face à la montée des courants réactionnaires.

Dans le contexte actuel d’une intense offensive intellectuelle, médiatique et militaire menée par l’ultra droite obscurantiste et rétrograde, la gauche mondiale tente de créer un front commun contre l’extrême droite et ses idées. Et ce n’est pas un hasard si cette réunion au sommet se tenait à Barcelone sous l’égide de Pedro Sánchez, avec la participation, notamment, des président.e.s Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil), Claudia Sheinbaun (Mexique), Gustavo Petro (Colombie), Yamandú Orsi (Uruguay) Catherine Connolly (Irlande) et Cyril Ramaphosa (Afrique-du-Sud).

Un Premier ministre espagnol représentant la dignité d’un gouvernement et de son peuple, au sein d’une Europe servile, qui s’opposent à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza et en Cisjordanie, à ses bombardements, en coalition avec les États-Unis, contre l’Iran et le Liban, massacrant en toute impunité les peuples iranien et libanais. Issu des rangs de la guérilla marxiste, Gustavo Petro a décrit le sommet comme « une sorte de phare, un chemin vers la vie et un contrepoids au désordre global dangereux pour toute l’humanité ».
Taxer les plus riches et réformer l’ONU (...)

À Barcelone, les participant.e.s se sont mis d’accord sur la réglementation des nouvelles technologies afin de lutter, entre autres, contre la désinformation, l’instauration d’une taxe sur les plus riches, la facilitation de la transition énergétique et la réforme des Nations unies. Cyril Ramaphosa 2, président sud-africain, a proposé d’inclure dans le Conseil de sécurité des pays d’Afrique et d’autres régions du monde. (...)

La gauche alternative internationale apporte son soutien

Par messages pré-enregistrés depuis les États-Unis, Zohran Mamdani et Bernie Sanders, ainsi que Michèle Bachelet depuis le Chili, ont apporté leur soutien à cette initiative mettant l’accent sur « la non-intervention, le règlement pacifique des conflits, l’égalité juridique des États, le besoin d’une coopération internationale pour le développement et la lutte permanente pour la paix ». (...)

Pedro Sánchez poussé par des ministres plus radicalement à gauche

C’est une première sur le continent européen ; à contre-courant de ses homologues, le chef de gouvernement socialiste Pedro Sánchez défend le multilatéralisme, l’internationalisme et l’immigration3. Il n’est pas tout seul, des ministres des partis à la gauche du PSOE : Comuns, la Gauche unie et le collectif Sumar avec à sa tête Yolanda Diaz, ministre communiste du travail, ont poussé le Parti socialiste ouvrier espagnol à prendre des positions plus à gauche.

Aujourd’hui, le Premier ministre espagnol se présente comme une digue contre un glissement généralisé vers l’extrême droite. Le désordre est global mais ses conséquences sont toujours locales. Et la menace est écologique autant que démocratique. (...)

« Résister ne suffit pas, il nous faut agir pour renforcer la démocratie »

Le ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares, a exigé une politique extérieure défendant « les mêmes principes : en Ukraine, à Gaza, au Liban », et « la défense du droit international dans tous les conflits actuels », sauf qu’il oublie de dire que l’Espagne a tourné le dos au peuple sahraoui et à son droit à l’autodétermination au nom d’intérêts économiques qui s’assoient sur les principes et les valeurs humanistes.

Pour Pedro Sánchez, « Résister ne suffit pas, il nous faut proposer et agir pour renforcer la démocratie en apportant des solutions concrètes à la vie des citoyens ». La démocratie ne s’abîme moins que seulement sous l’effet d’une offensive idéologique illibérale que par l’incapacité des gouvernements à garantir la sécurité économique et matérielle des personnes, en premier lieu les plus précarisées. (...)

Solidarité avec Cuba contre une intervention militaire (...)

Le combat contre les féminicides est international (...)

Le loup n’était pas très loin. Vox, parti de la droite fascisante, organisait une contre-manifestation clairsemée (une cinquantaine de personnes) et peu audible, car des hauts-parleurs s’occupaient de couvrir les slogans, disqualifiant les protagonistes de la réunion, en diffusant joyeusement les chants révolutionnaires antifascistes Bella Ciao et Ay Carmela.

La prochaine édition du progressisme aura lieu au Mexique en 2027 en espérant que toute la gauche — au-delà de la social-démocratie — soit présente au rendez-vous. D’ici-là, il y a du boulot sur la planche pour faire vivre l’égalité, la solidarité, la justice économique, fiscale et sociale.