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Marie-Claude Saliceti
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Tunisie : affrontements entre policiers et migrants à El Amra
#migrants #Tunisie
Article mis en ligne le 27 novembre 2023

Quatre agents de la Garde nationale ont été blessés vendredi dans des affrontements avec des migrants à El Amra, à une trentaine de kilomètres de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Les policiers ont été pris à partie alors qu’ils venaient de détruire des bateaux en fer, utilisés pour tenter de traverser la Méditerranée en direction des côtes italiennes.

(...) Des agents de la Garde nationale tunisienne ont investi les lieux, équipés de tractopelles, dans la matinée. Les engins de chantier ont déterré et détruit plusieurs bateaux en fer, construits dans la ville par des trafiquants et cachés sous le sable avant d’être utilisés par les migrants pour tenter de traverser la Méditerranée. (...)

Cette action a provoqué la colère d’un certain nombre d’exilés vivant à El Amra. Avec ces destructions, les migrants, qui pour quelques-uns avaient déjà payé le voyage à des passeurs, ont vu leur rêve s’envoler. Sans bateau, impossible pour eux de prendre la mer dans les prochains jours et rejoindre l’île italienne de Lampedusa, distante d’environ 180 km.
Vingt migrants interpellés

Entre 100 et 200 Subsahariens se sont alors regroupés vendredi et ont encerclé une camionnette de la police, occupée par quatre agents. Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on voit une dizaine de migrants monter sur le véhicule, le faire bouger et le renverser. Les policiers ont réussi à s’en extirper, avant d’être visés par des jets de pierre. La camionnette a ensuite été brûlée par les manifestants.

Les quatre agents de la Garde nationale ont été blessés, l’un d’eux a reçu un coup à la tête. Des images le montrent au sol, saignant abondement. L’homme a été transporté à l’hôpital et a pu sortir dès le lendemain.

Vingt Subsahariens ont été interpellés à la suite de ces évènements, indique la presse locale. (...)

Depuis ces affrontements, les autorités ont déployé de gros moyens : la garde nationale, l’armée et la police cloisonnent la zone. Les exilés sont traqués, voire pourchassés dans la ville s’ils tentent d’échapper aux forces de l’ordre. Les policiers usent de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour les interpeller. Quelques migrants ont été blessés.

Selon nos informations, dès samedi matin, les autorités ont acheminé plusieurs bus pour éloigner les exilés d’El Amra et les abandonner à la frontière avec l’Algérie. Cette pratique, largement utilisée cet été a repris en septembre. Les Subsahariens, dont des femmes et des enfants, sont lâchés au milieu du désert, sans eau ni nourriture. Entre juillet et août, une vingtaine de personnes étaient mortes de soif dans ces conditions. (...)

Les échauffourées de vendredi laissent craindre de nouvelles tensions entre la population noire et les Tunisiens de la région, comme celles observées début juillet après la mort d’un Tunisien lors d’affrontements avec des migrants à Sfax.

Des scènes similaires ont déjà été recensées depuis vendredi. (...)

"des Tunisiens ont commencé à attaquer les Noirs et ont brûlé leurs tentes, leur nourriture et leurs objets de valeur". La vidéo qui accompagne le texte montre des abris calcinés. (...)