Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
RFI
Syrie : après les affrontements, le retour des familles kurdes à Raqqa
#Syrie #FDS #Kurdes
Article mis en ligne le 27 janvier 2026

En Syrie, le cessez-le-feu entre les autorités de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, a été prolongé samedi 24 janvier pour 15 jours. L’offensive lancée par l’armée syrienne a permis aux forces gouvernementales de récupérer une grande partie du territoire jusqu’ici contrôlé par les SDF. À Raqqa, ville à majorité arabe, connue pour être l’ancienne capitale autoproclamée de l’organisation État islamique, les quelques Kurdes de la ville avaient fui aux premiers jours de l’offensive, avant de revenir. Ils s’inquiètent pour leurs proches, coincés dans le nord du pays.

(...) Walid est soulagé. Ici, les massacres ont été évités. Il dit désormais faire confiance aux nouvelles autorités. « Jour après jour, la sécurité s’améliore. Il y a même des centres de réconciliation qui ont été créés pour ceux qui ont fait partie des Forces démocratiques syriennes. Jusqu’ici, il n’y a pas de problème », constate-t-il. (...)

« Les deux côtés nous font du mal »
(...)

À nouveau, « cette guerre nous dépasse », dit-il. « Peu importe qui gouverne. Ce que nous voulons désormais, c’est simplement la paix ». (...)

Lire aussi :

 (France24)

Quel avenir pour les Kurdes de Syrie après l’ultimatum de Charaa ?

Après avoir repris des ‍territoires dans le Nord-Est aux combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes, le gouvernement syrien leur a donné jusqu’à samedi pour trouver un accord d’intégration avec l’État central. Pour les Kurdes de Syrie, le rêve d’un État autonome s’éloigne une fois de plus. Lâchés par la communauté internationale, ils entrent dans une période incertaine, selon le chercheur Adel Bakawan. Entretien.

Les Kurdes de Syrie, longtemps fer de lance de l’Occident dans la lutte contre l’organisation État islamique, ont vu leur espoir de créer un État souverain se réduire comme peau de chagrin. (...)

Entre 2011 et 2024, les Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l’administration autonome kurde, avaient réussi à créer une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie : le Rojava ("ouest", en kurde), officiellement l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie.

Avec la chute de Bachar al-Assad, le nouveau pouvoir syrien entend désormais intégrer les Kurdes dans un État centralisé. Le président Ahmed al-Charaa leur a accordé jusqu’au samedi 24 janvier pour proposer un plan d’intégration pacifique de cette province au sein de l’État syrien.

Chassées d’Alep en janvier après de violents combats, puis des provinces de Raqqa et Deir Ezzor le week-end dernier, les FDS, qui contrôlaient jusqu’alors 30 % du territoire syrien, se sont repliées dans leurs bastions de Hassaké, Kamichli et Kobané. Les Kurdes ont perdu le soutien historique des États-Unis, qui avaient pourtant œuvré à la création des FDS en 2015. (...)

Les Kurdes ne pouvaient pas faire la guerre à leurs anciens alliés et à l’armée syrienne. Les villes sont donc tombées très rapidement.

Enfin, ils ont perdu le contrôle des zones pétrolières et gazières qui finançaient leur économie. Mais aussi des barrages très importants pour la géostratégie et la géopolitique.

Quelle marge de manœuvre reste-t-il aux Kurdes de Syrie ?

Ils n’ont pas énormément de leviers de pression, à part par le biais du Kurdistan irakien avec qui ils avaient pourtant des désaccords pendant les treize ans de la gouvernance du Rojava. Il y a eu un fort lobbying international et Donald Trump a pris son téléphone pour dire à Charaa de ne pas entrer dans le Rojava, zone historique des Kurdes. (...)

Est-ce que c’est la fin du rêve d’indépendance ? À l’échelle moyen-orientale, c’est le plus grand peuple sans État, soit entre 50 et 60 millions de personnes. Comment peut-on stabiliser, sécuriser, développer un Moyen-Orient dans lequel vous avez 60 millions d’individus abandonnés et trahis ? Si la communauté internationale souhaite sécuriser et stabiliser cette région, il faut un État palestinien et un État kurde. Mais, au moment où le rêve d’indépendance est fragilisé au Rojava, au Kurdistan irakien ça devient beaucoup plus plausible.

Quel impact pour la Turquie, notamment avec le processus de paix avec le PKK ?

Depuis sa prison, Abdullah Öcalan a envoyé sa lettre au PKK pour lui demander de se dissoudre, déposer les armes et de ne plus demander l’indépendance du Kurdistan, le fédéralisme, l’autonomie et même la décentralisation. L’objectif fixé est la lutte pour une société démocratique en Turquie. Les Turcs estiment que cet appel ne concerne pas seulement le PKK de Turquie mais toutes ses branches en Irak, en Syrie, en Iran. C’est un désaccord sur lequel Abdullah Öcalan ne s’est pas clairement prononcé. (...)

On a compté sur les Kurdes pendant des années pour lutter contre Daech. L’armée syrienne peut-elle réellement prendre le relais ? (...)