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Surpopulation, amateurisme des autorités... En Allemagne, le centre d’accueil de l’aéroport de Tegel sous le feu des critiques
#migrants #immigration #Allemagne #accueil
Article mis en ligne le 27 octobre 2024
dernière modification le 24 octobre 2024

L’ancien aéroport de Tegel à Berlin héberge des milliers de demandeurs d’asile, contraints de dormir sous d’immenses tentes érigées aux abords des pistes. Le magazine Der Spiegel a enquêté sur leurs conditions de vie.

En 2021, Tegel a définitivement fermé ses portes, avec l’ouverture du nouvel aéroport BER dans le sud-est de Berlin. Mais au lieu d’être immédiatement transformé en un complexe immobilier, Tegel est d’abord devenu un centre de vaccination majeur pendant la pandémie de Covid-19. C’est en 2022 qu’il a été finalement transformé en centre d’hébergement pour les réfugiés de la guerre en Ukraine.

L’ancien aéroport de Tegel à Berlin héberge des milliers de demandeurs d’asile, contraints de dormir sous d’immenses tentes érigées aux abords des pistes. Le magazine Der Spiegel a enquêté sur leurs conditions de vie.

En 2021, Tegel a définitivement fermé ses portes, avec l’ouverture du nouvel aéroport BER dans le sud-est de Berlin. Mais au lieu d’être immédiatement transformé en un complexe immobilier, Tegel est d’abord devenu un centre de vaccination majeur pendant la pandémie de Covid-19. C’est en 2022 qu’il a été finalement transformé en centre d’hébergement pour les réfugiés de la guerre en Ukraine. (...)

Plus de 30 mois plus tard, certains d’entre eux se trouvent toujours à Tegel. Et l’ancien aéroport semble écrire ce qui pourrait bien être le chapitre le plus embarrassant de son histoire.
Une ville dans la ville (...)

Selon les chiffres officiels, plus de 5 000 personnes y sont logées : des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées, ainsi que de nombreux individus qui souffriraient de problèmes de santé. (...)

La plupart des résidents sont d’Ukraine, mais on retrouve aussi des Afghans, des Syriens et des Irakiens dans l’attente d’une décision à leur demande d’asile.

De par les difficultés à trouver des logements à Berlin, Tegel pourrait bientôt augmenter sa capacité d’accueil à 8 000 personnes.

Aucun anonymat (...)

De par sa capacité d’accueil, Tegel est le plus grand centre d’hébergement en Allemagne. Les coûts de fonctionnement à eux seuls s’élèvent à près d’un demi-milliard d’euros par an, selon Der Spiegel. Cela signifierait que le logement d’un demandeur d’asile y coûte jusqu’à 250 euros par jour. (...)

Der Spiegel souligne qu’à ce prix, un hébergement dans un chambre d’hôtel serait largement moins cher.

Dans le même temps, le manque de logements à Berlin et plus largement dans les grandes villes allemandes, ne permet pas aux demandeurs d’asile de trouver un logement abordable.

Grave incendie au printemps (...)

Allégations de corruption (...)

Le gouvernement doit faire appel à divers sous-traitants pour répondre à tous les besoins en matière de sécurité. Les sommes exactes perçues par chaque entreprise ne sont pas clairs, mais l’un des sous-traitants, Teamflex, a réussi à multiplier par dix ses gains annuels rien qu’entre 2020 et 2022, selon Der Spiegel.

Une enquête plus approfondie a également révélé que de nombreux appels d’offres pour l’exploitation de l’aéroport ont été confiés à des personnes qui avaient des intérêts particuliers ou des liens étroits avec des décideurs clés de la politique locale et régionale.
Intimidation, racisme, harcèlement (...)

Apte au travail, mais seulement dans la théorie

Sur le papier, certains résidents de Tegel ont le droit de chercher du travail et de s’installer ailleurs. C’est notamment le cas des réfugiés de guerre ukrainiens, qui bénéficient d’un statut particulier au sein de l’Union européenne. Néanmoins, le traitement de leurs dossiers a pris un tel retard, que beaucoup doivent encore patienter avant de pouvoir se présenter légalement comme demandeur d’emploi. (...)

"Il est pratiquement interdit d’aider ces gens"

Der Spiegel s’est entretenu avec une autre traductrice de Tegel qui a quitté son poste il y a plusieurs mois.

"Parfois, un résident me demandait de traduire une lettre de l’agence pour l’emploi ou de la compagnie d’assurance maladie. Ensuite, le chef d’équipe arrivait et me réprimandait parce que je faisais mon travail", se souvient-elle. (...)

"En d’autres termes, nous avons été embauchés pour ne rien faire", fustige la femme de 40 ans. "Je voyais régulièrement jusqu’à 15 employés assis dans la tente toute la journée, jouant à des jeux sur leur téléphone portable et parlant derrière le dos des réfugiés." (...)