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Silence, on meurt dans la rue
#mortsdanslarue
Article mis en ligne le 1er janvier 2026
dernière modification le 30 décembre 2025

Un temps glacial persistant touche la France lors des fêtes de Noël cette année. Et pendant que la plupart d’entre nous passent les fêtes de fin d’année bien au chaud, l’injustice de ce monde continue de frapper les plus précaires.

À Reims, dans le Nord-Est de la France, la vague de froid a emporté une personne sans domicile dans la nuit du 24 au 25 décembre 2025. La découverte de son corps sans vie en dit beaucoup sur le niveau de barbarie de nos sociétés « démocratiques et libérales ». Morgan Rose dormait à la rue, il est mort à l’âge de 35 ans. À Nantes, c’est le cadavre d’un homme de 30 ans qui a été retrouvé dans la nuit du 25 décembre, 4 jours après un autre décès survenu au nord de la ville.

Ces tragédies sont le fruit du capitalisme et de la répression des sans-abris impulsée par les gouvernements successifs depuis plusieurs décennies, notamment sous l’ère Macron. À l’échelle du pays, le Collectif les Morts de la Rue a recensé depuis janvier 2025 le macabre chiffre de 746 personnes décédées dans les rues française. Un record depuis le début des décomptes de cette association.

En 2017, en « bon communicant », le président de la République promettait aux français que plus personne ne dormirait à la rue « avant la fin de l’année ». La mise en scène caractérisait déjà l’abjection des deux mandats à venir (...)

Ce séparatisme social qui ne dit pas son nom fait donc encourir des procès au pénal à des ménages, dans la droite ligne de la prison pour dettes, pourtant abolie en 1867.
Rachida Dati mène campagne sur le dos des sans-abris

À Paris, la récupération politique et le mensonge risquent d’entrer à la mairie de Paris. Dans le délire orwellien qu’est devenu le marasme politique français, Rachida Dati parvient encore à se démarquer. La candidate pour les municipales à Paris qui, ça ne fait pas de mal de le rappeler, est entre autres poursuivie pour corruption et trafic d’influence, mène sa campagne de façon ignoble.

Accompagnée de toutes ses équipes de com organisées en meute, vêtue d’un jean et d’habits de ville – l’ancienne ministre avait omis de déclarer 420.000 euros de bijoux à la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique – déambule dans les campements de fortune des quartiers pauvres de Paris, et s’évertue à dénoncer le bilan d’Hidalgo. Comme l’a révélé Médiapart début décembre, les équipes de la candidate ont ainsi filmé puis publié sans leur accord des vidéos de personnes exilées vivant dans des tentes, sous couvert de dénonciation de l’insalubrité de la ville.

« Je veux que la vidéo soit supprimée des réseaux sociaux et je ne veux pas apparaître, surtout que j’avais dit non ».

Cerise sur le gâteau, Dati a fustigé le travail d’Utopia 56, association pourtant largement reconnue, l’accusant de « fournir des tentes. Ce type d’association veut faire exploser le système et ils vous amènent en bas de chez vous des gens qui n’ont rien à y faire ». Elle a promis que, si elle est élue, dès que « quelqu’un s’installe, on enlève tout de suite ». C’est-à-dire une chasse aux sans-abris. (...)