Si pour certains Français qui vivent aux États-Unis, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche est de bon augure pour le business, pour d’autres, c’est un cauchemar.
"C’est une catastrophe." Mélina*, 46 ans, est française et vit depuis dix ans aux États-Unis - elle a d’ailleurs la citoyenneté américaine. Courant 2025, elle a quitté son mari et se retrouve désormais seule avec ses trois enfants. Avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, cette assistante d’enseignement de Virginie voit son quotidien lentement empirer.
"Après ma séparation, j’ai demandé de l’aide à des associations, mais elles n’ont plus rien. Même les églises qui aident les plus démunis sont à court." L’école de Mélina organisait des distributions de repas chauds pour les familles des élèves, mais faute de moyens, elle a arrêté. "Au mois de novembre, avec le shutdown (la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des États-Unis, soit 43 jours, NDLR), je n’ai rien eu."
"Heureusement que j’avais des réserves à la maison, mais j’ai eu très peur."
Dès le début de son mandat, Donald Trump a annoncé vouloir couper les aides sociales. S’il a dû dans un premier temps reculer, sa "grande et belle loi" budgétaire votée en juillet dernier prévoit notamment des coupes, dont un programme alimentaire dont dépendent plus de 41 millions d’Américains. Elle prévoit également de supprimer 800 milliards de dollars pour Medicaid qui fournit une assurance maladie à 71 millions de personnes. (...)
Une suppression dont les effets commencent à se faire sentir. "On est moins payés", raconte à BFMTV Blandine*, une infirmière française de 44 ans qui vit à Atlanta depuis huit ans. "Les personnes qui viennent à l’hôpital ne peuvent plus payer faute d’assurance santé, mais on les soigne quand même. Du coup, l’hôpital doit faire des économies."
Une situation que craint Nathalie* car elle a perdu son travail. Et en perdant son emploi, elle a aussi perdu son assurance santé qui la couvrait, ainsi que son fils. Cette scientifique arrivée aux États-Unis il y a quatorze ans menait des recherches sur le Sida. "J’avais des résultats, j’ai publié dans des revues scientifiques, j’ai même déposé des brevets", assure-t-elle à BFMTV. Mais en raison du blocage des subventions, elle est obligée de fermer son laboratoire. (...)
Même les personnes qui résident légalement aux États-Unis sont inquiètes tant les agents de l’Ice ne font pas le détail lors de leurs interpellations. Car il est arrivé que des citoyens américains, y compris des personnes nées sur le sol américain, soient arrêtés. (...)
cette mère de famille estime ne pas être la plus à plaindre. Car dans l’école où elle travaille, plusieurs familles avec enfants, notamment un enfant autiste dont elle s’occupait, se sont retrouvées à la rue.
"Le père qui était sans papier a été arrêté par les services de l’immigration. Or, c’était lui qui travaillait et ramenait l’argent à la maison. La mère et les enfants ont dormi plusieurs mois dans une tente. Je sais que la famille a récemment obtenu une place dans un refuge, mais c’est trop loin pour que l’enfant vienne à l’école. Je n’ai plus de nouvelles." (...)
Une nouvelle ère sous le signe du business dont se félicite également Daniel Ettedgui, PDG de Triangle Companies, une société qu’il a lui-même fondée et qui finance des projets immobiliers aux États-Unis, notamment par des acheteurs étrangers. "En moins d’un an, mon chiffre d’affaires a augmenté de 43%", s’enthousiasme ce Français pour BFMTV, tout en précisant qu’il "ne fai(t) pas de politique".
"Quel que soit le président, je me moque de son parti", assure cet habitant de Miami. "Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il fait." (...)
"Les années Trump, ce sont les meilleures que j’ai connues", ajoute Stéphane Olivero qui vit outre-Atlantique depuis près de vingt ans. "Et si les Français ne sont pas contents, qu’ils partent."