À la suite de l’émission du 29 janvier, qui s’appuyait sur une infiltration dans une école, une famille a déposé plainte contre les journalistes pour « non-dénonciation » de mauvais traitements sur des enfants. Elle demande aussi à récupérer l’intégralité des images. Une démarche « incompréhensible » pour la rédaction.
(...) Alors qu’elle a dévoilé, par le moyen d’une caméra cachée, des maltraitances subies par les élèves d’une maternelle parisienne, en particulier des violences verbales et un baiser sur la bouche imposé par une animatrice, elle est visée par une plainte pour « non-dénonciation de mauvais traitements » sur des enfants, un délit passible de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.
Visant à la fois Élise Lucet, les autrices de l’enquête et les producteurs de l’émission, elle a été déposée, le 15 avril, par une famille au motif que les journalistes ont gardé ces informations pour eux pendant des mois, sans alerter les autorités judiciaires ou administratives. (...)
La douleur des familles
Si Carole est la seule à s’attaquer nommément aux journalistes, de nombreux parents ayant déposé plainte pour des violences sexuelles sur leurs enfants leur en veulent aussi énormément. (...)
La défense de « Cash »
Dès le lendemain du dépôt de plainte de Carole pour non-dénonciation, le 15 avril, la rédaction de « Cash Investigation » a répondu avec un long communiqué, pointant des « accusations inexactes et mensongères ». Entre autres arguments, les journalistes mettent en avant leur processus d’échange contradictoire avec la ville de Paris et un entretien filmé en décembre 2025 avec l’adjoint d’Anne Hidalgo, chargé du périscolaire, le socialiste Patrick Bloche. (...)
l’équipe estime qu’un signalement aux autorités administratives, c’est-à-dire à la ville, n’était pas nécessaire. Parce qu’en plein milieu de l’infiltration, le chef de l’équipe périscolaire a été suspendu pour suspicion de violences sexuelles sur un élève, avec dépôt de plainte contre X par une famille. « En mai 2025, on sait donc que les services de la ville sont en train de mettre le nez dans l’école pour des suspicions de faits extrêmement graves, on est en droit de se dire aussi que la police fait son travail, souligne la rédactrice en cheffe adjointe de « Cash », Zoé de Bussierre. En tout cas, on sait que l’école est monitorée. »
Pour nombre de parents, l’argument est insuffisant. (...)
Ces derniers temps, l’émission accumule en tout cas les détracteurs, de Rachida Dati au rapporteur ciottiste de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public. Et cela joue possiblement dans le fait que la démarche lancée contre « Cash Investigation » ne fait pas l’unanimité parmi les conseils de familles de victimes de Saint-Dominique ou d’écoles voisines. (...)
– Voir en replay le documentaire de Cash Investigation :
"Cash Investigation". Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles
Ces derniers mois, les accusations d’agressions sexuelles commises sur des enfants par des animateurs du périscolaire se sont multipliées en France. "Cash Investigation" lève le voile sur ce qui se passe dans l’enceinte de l’école. Une enquête à voir le 29 janvier sur France 2.