Pour la première fois, Inès Chatin prend la parole publiquement. Victime de pédocriminalité dans son enfance, elle a accepté de témoigner. Son récit, glaçant, est au cœur d’un livre signé par le journaliste de Libération Willy Le Devin, "Les Hommes de la rue du Bac", publié chez JC Lattès.
Une enfance sous l’emprise d’un réseau d’hommes influents. Inès Chatin a grandi dans la haute bourgeoisie parisienne, entre la rue du Bac et la rue de Varennes, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris. Adoptée avec son frère par un médecin qu’elle refuse d’appeler son père — elle le nomme "Gaston", son prénom d’origine — et par une héritière, elle décrit une double réalité : une façade de famille respectable et, derrière les murs, une violence permanente. "Derrière les lambris dorés, c’est assez dramatique", résume-t-elle. Gravitent autour de la famille des hommes que les enfants appellent "les oncles" : l’écrivain Gabriel Matzneff, déjà mis en cause par Vanessa Springora, l’ancien patron du Point Claude Imbert, l’académicien Jean-François Revel, l’avocat François Gibault, ou encore l’évêque Jean-Michel Di Falco, récemment condamné pour des faits de pédocriminalité.
Des cérémonies organisées, des corps d’enfants sacrifiés (...)
Les Hommes de la rue du Bac, de Willy Le Devin, est publié chez JC Lattès.