Les autorités sanitaires du Royaume-Uni pourraient bientôt être en mesure de surveiller les frais médicaux des étrangers se faisant soigner dans le pays. Plusieurs ONG, dont Médecins du Monde, craignent que cela ne dissuade encore davantage certains migrants d’aller consulter un médecin.
Le Royaume-Uni envisage de créer une nouvelle base de données dans les dossiers du NHS (National Health Service - le service de santé publique britannique) pour les patients étrangers. Une nouvelle catégorie "Overseas Visitor Charging" ("frais pour les visiteurs étrangers") permettrait au département de la Santé (DHSC) de surveiller les frais d’hospitalisation des personnes venant de l’étranger lorsqu’elles ont recours aux services de santé.
Cette mesure, adoptée par l’ancien gouvernement conservateur, doit entrer en vigueur sous la nouvelle majorité travailliste, arrivée au pouvoir à l’été 2024. Les médecins, défenseurs du droit à la vie privée et militants des droits des migrants, espèrent qu’elle ne sera pas appliquée par le gouvernement de Keir Starmer. (...)
L’organisation medConfidential, qui milite pour la confidentialité des données de santé, exprime des préoccupations similaires. "Toute utilisation des données de santé devrait être consensuelle, sûre et transparente", note Sam Smith, coordinateur de medConfidential, à InfoMigrants.
Des migrants qui renoncent aux soins
Avec cette nouvelle mesure, les migrants qui ne parviendraient pas à payer leurs frais médicaux pourraient être dénoncés aux autorités. Leur dette serait transmise au Home Office, qui pourrait alors l’utiliser comme motif pour refuser certaines demandes d’immigration. (...)
les associations craignent que les exilés renoncent à se faire soigner, et que le partage des données érode encore la confiance dans le système de santé britannique. (...)