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Marie-Claude Saliceti
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Reporterre
Nucléaire : une filiale d’Orano condamnée et des taux d’uranium alarmants
#Kazakhstan #Orano #uranim #pollution #sante
Article mis en ligne le 11 avril 2026
dernière modification le 7 avril 2026

Des analyses exclusives font état de taux d’uranium alarmants pour la santé près des sites d’extraction d’uranium d’Orano au Kazakhstan. La filiale locale de la multinationale y a été condamnée pour des infractions environnementales.

Les dents et les cheveux de Diana Nauryzbaeva ont commencé à tomber après cinq ans à travailler au département de radioprotection de Sozak, un district au sud du Kazakhstan. « Ici, rien n’est surveillé. Ni les déchets [radioactifs], ni les seuils de radioactivité », témoigne cette écologue auprès de notre partenaire Vlast, le seul média indépendant du pays. Sozak est le haut lieu de l’extraction d’uranium du pays. L’économie de cette région peu densément peuplée dépend de l’activité minière, qui représente 60 % de la production nationale d’uranium.

L’exploitation de cette zone désertique a permis au Kazakhstan de se positionner comme le leader mondial de la production d’uranium, dont une partie atterrit dans les centrales françaises. (...)

Katco exploite au cœur des steppes « la plus grande mine ISR (In Situ Recovery) au monde », selon Orano. La technique ISR consiste à extraire l’uranium en injectant une solution à base d’acide sulfurique dans des puits souterrains, afin de faire remonter le métal radioactif par réaction chimique. Une méthode louée par Orano comme « économique » et ayant « peu d’impact sur l’environnement », selon son site internet.

Pourtant, certains résidents sont convaincus d’effets négatifs de l’extraction d’uranium sur leur santé. (...)

des analyses, coordonnées par l’ONG d’investigation journalistique Environnemental Investigation Forum (EIF) et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) et révélées par Reporterre, démontrent des résultats alarmants sur deux échantillons d’eau prélevés en bordure des exploitations minières. (...)

Pour Bruno Chareyron, ingénieur en génie énergétique et nucléaire, et conseiller scientifique de la Criirad, ces résultats sont inquiétants : « Ces eaux sont impropres à la consommation. En particulier pour les femmes enceintes, les nouveaux-nés et les jeunes enfants, à moins de les traiter au préalable. »

Interrogé sur le lien entre les activités de Katco et la mauvaise qualité de ces échantillons, Bruno Chareyron précise que « leurs caractéristiques peuvent être d’origine naturelle, mais qu’à mesure qu’on se rapproche de sites d’extraction d’uranium par ISR, de telles activités industrielles nuisent nécessairement à la qualité des eaux souterraines ».

Une contamination qui s’explique non seulement par « l’injection de produits chimiques pour dissoudre l’uranium et de la perturbation de la géochimie de l’eau », indique Bruno Chareyron, mais aussi par les « fuites de telles solutions chimiques, chargées en uranium, et qui contaminent les sols ». (...)

la filiale française a l’habitude de mener des actions en justice contre ce service administratif régional. D’autres documents obtenus par Vlast montrent que la société a déjà tenté d’obtenir l’annulation des condamnations liées à cet audit, en portant plainte contre l’administration.

Des affaires florissantes (...)

Malgré ces diverses infractions environnementales, les affaires d’Orano dans la région sont florissantes. En juillet 2026, Katco a inauguré en grande pompe une nouvelle usine de traitement d’uranium dans le district de Sozak. Une fois de plus, le Département écologique du Turkestan s’était positionné contre le projet, invoquant dès 2021 de potentielles violations au Code environnemental kazakh, selon un document obtenu par Vlast et EIF.

Ce dernier pointe l’absence d’un plan de sécurité d’urgence lié aux activités de cette usine. L’autorisation a finalement été émise en 2025 par l’administration, avec la garantie que Katco développerait ledit plan par la suite. Contacté, Orano a indiqué qu’un plan de prévention et d’intervention d’urgence a depuis été élaboré pour l’usine de South Tortkuduk. De quoi faire affluer toujours plus d’uranium kazakh vers les centrales françaises. (...)

Malgré ces diverses infractions environnementales, les affaires d’Orano dans la région sont florissantes. En juillet 2026, Katco a inauguré en grande pompe une nouvelle usine de traitement d’uranium dans le district de Sozak. Une fois de plus, le Département écologique du Turkestan s’était positionné contre le projet, invoquant dès 2021 de potentielles violations au Code environnemental kazakh, selon un document obtenu par Vlast et EIF.

Ce dernier pointe l’absence d’un plan de sécurité d’urgence lié aux activités de cette usine. L’autorisation a finalement été émise en 2025 par l’administration, avec la garantie que Katco développerait ledit plan par la suite. Contacté, Orano a indiqué qu’un plan de prévention et d’intervention d’urgence a depuis été élaboré pour l’usine de South Tortkuduk. De quoi faire affluer toujours plus d’uranium kazakh vers les centrales françaises.