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France3
Nucléaire : comment l’EPR de Flamanville est devenu un gouffre financier à près de 20 milliards d’euros
#nucleaire #EPR
Article mis en ligne le 11 mars 2024
dernière modification le 10 mars 2024

Le coût prévisionnel du dernier réacteur nucléaire de Flamanville (Manche) s’élève à 19,1 milliards d’euros selon la Cour des comptes. C’est cinq fois plus que la somme prévue et annoncée par le groupe EDF à sa création officielle, en 2007. On vous montre l’évolution en graphiques.

(...) Le chantier du troisième réacteur de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) en Normandie devrait s’achever à la fin de l’année 2024 mais du côté des comptes, la facture ne cesse de s’alourdir. (...)

Douze ans de retard

D’après une estimation réalisée par la Cour des comptes en août 2020, ces coûts s’élèveraient plutôt à 19,1 milliards d’euros, pour une hausse totale de 5,8% par rapport au prix initial. Ils englobent notamment les frais financiers intercalaires, les dépenses liées à la pré-exploitation, à l’aménagement et au stock de pièces détachées.
(...)

La livraison de Flamanville 3, initialement annoncée en 2012, a été repoussée de douze ans, notamment en raison du traitement thermique de détensionnement de certaines soudures. Ce nouvel EPR viendra compléter le parc de la centrale nucléaire de Flamanville – qui compte déjà deux réacteurs en activité d’une puissance de 1300 MW – d’ici à la fin de l’année 2024.

Le groupe EDF indique par ailleurs que le premier chargement de combustible est prévu au mois de mars. (...)

Le coût des futurs EPR en hausse

En Normandie, l’énergéticien a également lancé la construction deux réacteurs de type EPR2 à Penly, en Seine-Maritime. Les demandes d’autorisations de construction ont été déposées en juin 2023 (...)

La paire de réacteurs, chiffrés à 16,9 milliards d’euros sur la base d’audits, sera le premier exemplaire du programme de relance du nucléaire en France. Quatre autres réacteurs devraient être construits à Gravelines (Nord) et au Bugey (Ain) ; et ils ne font pas exception à la hausse des coûts de travaux. (...)

En visite dans la Manche, le ministre de l’économie a par ailleurs annoncé la prolongation du recyclage de combustibles en France au-delà de 2040, et l’ouverture de deux nouvelles usines de fabrication et de retraitement.

Des annonces qui ne sont "pas une surprises" mais "n’en restent pas moins absurdes", a contesté Yves Marignac, le porte-parole de l’association NégaWatt, qui prône la sobriété énergétique. Pour le gouvernement en revanche, ces investissements sont la condition de "l’indépendance énergétique" de la France.