Le Sénat a voté ce mardi 24 février en faveur du projet de loi de réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie. Une première victoire pour le gouvernement qui défend ce texte, dit « de Bougival », destiné à mettre fin à la crise économique et politique dans l’archipel du Pacifique, en créant notamment une nationalité néo-calédonienne. Mais la décision finale devrait surtout se jouer à l’Assemblée nationale dans quelques semaines et l’issue y sera beaucoup plus incertaine.
Dominés par une alliance entre droite et centristes, les sénateurs ont voté à 215 voix contre 41 ce projet de loi constitutionnelle. Le texte est désormais transmis à l’Assemblée nationale.
Défendant au Sénat un texte qui serait le « point de départ » d’une sortie de crise durable, le Premier ministre a averti les sénateurs que, s’il était rejeté, ce serait « la première fois que le Parlement refuserait d’être le notaire d’un accord conclu entre les parties calédoniennes ».
Le gouvernement espère convaincre le Parlement de voter ce texte, qui retranscrit deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes, celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l’Élysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l’égide d’Emmanuel Macron. (...)
Ces accords prévoient notamment la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d’une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement, mais sont rejetés par le principal mouvement indépendantiste. (...)
Un problème démocratique de fond, selon le sénateur kanak Robert Xowie
Le Premier ministre, qui sait que l’opposition ne va pas faiblir, notamment parce que le gouvernement a confirmé son intention de décaler à nouveau les élections provinciales, prévues au mois de juin. Une preuve d’un problème démocratique de fond selon le sénateur indépendantiste kanak Robert Xowie. (...)
Si le projet de loi parvenait finalement à passer l’écueil de l’assemblée, les députés et sénateurs seraient alors réunis en Congrès d’ici à l’été pour voter la réforme constitutionnelle. Le texte devrait alors obtenir 60 % des voix.